La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -294-Palazzetto Bru Zane

Un territoire surréel entre fantaisie et mélancolie, verbatim de Christian Lacroix

Un territoire surréel entre fantaisie et mélancolie, verbatim de Christian Lacroix - Critique sortie
Christian Lacroix © Jonathan Berger

Propos recueillis

Publié le 21 novembre 2021 - N° 294

Souvent associé aux mondes de l’opéra et du théâtre pour la création de costumes, le grand couturier français signe aujourd’hui avec La Vie Parisienne d’Offenbach sa première mise en scène d’opéra.

« Lorsqu’on est invité à côtoyer Offenbach, à lui rendre visite et à l’accompagner, le mettre en scène – une première pour moi -, on ne peut que le suivre, l’écouter, c’est lui qui mène le jeu, sans demander hommage ni révérence pompeuse, souliers cirés, mais sa propre liberté de composition et de propos, en roue libre en apparence et en apparence seulement, ne demande pas non plus qu’on ouvre les vannes du n’importe quoi. Une juste dose de respect s’impose. D’autant plus que l’intérêt original de cette production de La Vie parisienne est d’en proposer et fixer une version encore jamais entendue, inattendue, savamment ressuscitée par l’équipe éditoriale du Palazzetto Bru Zane, ce qui constitue déjà un projet passionnant en soi. J’ai pensé un temps opérer la même démarche avec costumes et décors, d’autant plus que, fait plutôt rare, subsistent des maquettes précises de la création, des dessins et caricatures des premières représentations, et même des photos des reprises. Ma passion quasi pathologique de la reconstitution historique, même si purement illusoire, aurait trouvé là une entreprise plus qu’excitante.

Chanter le mirage d’une ville

Mais ce qui est possible en matière d’« archéologie » musicale se serait révélé un chantier gigantesque et au bout du compte fallacieux, utopique en tout cas, en matière de scénographie. Se pose ainsi la question de l’air du temps, de l’éphémère, de la fidélité, de la reconstitution ou de la transposition. Je crois qu’il serait artificiel sinon malhonnête d’extirper de La Vie parisienne quelques préoccupations sociales ou politiques que ce soit en résonnance avec les nôtres. Je vais essayer de traduire modestement, la fantaisie, l’excentricité, la légèreté, le « Bouffe » donc, mais aussi ce côté doux-amer, aigre-doux, cette acidité, qui grince un peu, avec un soupçon de mélancolie, ces petites entailles cachées sous le rire qui me semblent transparaître comme souvent chez Offenbach. »

Extraits de la note d’intention du dossier de presse

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