La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -201-Centre Dramatique National des Alpes

L’hiver au Yukon

Célie Pauthe met en scène Yukonstyle, de la jeune dramaturge québécoise Sarah Berthiaume. Un quatuor amoché soigne ses blessures à l’âme, et réinvente la vie commune aux confins du monde. 

Célie Pauthe met en scène Yukonstyle, de la jeune dramaturge québécoise Sarah Berthiaume. Un quatuor amoché soigne ses blessures à l’âme, et réinvente la vie commune aux confins du monde. 

« Yukonstyle a été une divine surprise ! »

Sarah Berthiaume est encore peu connue. Comment l’avez-vous rencontrée ?

Célie Pauthe : J’ai découvert Yukonstyle grâce au comité de lecture de la Colline, dont je fais partie : ça a été une divine surprise ! Avec Yukonstyle, je me confronte pour la première fois à une écriture en train de naître, qui ne puise pas forcément ses racines dans la vieille culture européenne. A l’origine, Sarah Berthiaume est comédienne, elle est ensuite devenue metteur en scène. La rencontre avec elle a été très belle : c’est une personne d’une sensibilité et d’une humilité magnifiques.

Pourquoi ce titre ?

C. P. : L’histoire se passe au Yukon, province la plus au nord du Canada, proche de l’Alaska. La mythologie du Yukon est celle de la ruée vers l’or. C’est une terre peu peuplée, colonisée très tard, d’une manière violente, brutale et rapide, dès qu’on a trouvé de l’or dans la rivière Klondike. Le Yukon est une terre de fuite, où on va quand on veut aller le plus loin possible. C’est là où s’échoue la civilisation occidentale, avec son lot de violence, de misère et d’individualisme, et qu’elle est contredite et percutée par la permanence d’une spiritualité qui, chronologiquement, la précède et sans doute lui survivra. Cette terre porte en effet en elle la dimension ancestrale et chamanique d’une poésie qui vient de très loin et parle à travers les êtres.

Que raconte la pièce ?

C. P. : Quatre personnages se retrouvent ensemble à passer l’hiver au Yukon. Chacun porte une blessure, une faille identitaire, un deuil face auquel il adopte une carapace. La pièce s’emploie à faire voler en éclats ces carapaces. Chacun porte en lui une part de l’autre, et va revivre quelque chose de sa propre histoire à son contact. Sous l’impulsion d’une force inconnue d’eux, ils vont être entraînés les uns vers les autres, pour que chacun s’accepte et se répare. Ces quatre-là réinventent ensemble, sur les décombres de leur vie en friche, quelque chose d’une famille de hasard, d’une petite communauté de secours qui va leur permettre d’avancer d’un pas, le temps de cet hiver-là.

Propos recueillis par Catherine Robert

Du 28 mars au 27 avril 2013 au Théâtre national de La Colline à Paris. A l’automne 2013 à la MC2 à Grenoble.

A propos de l'événement

MC2

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