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Brice Pauset

Brice Pauset - Critique sortie Classique / Opéra

Publié le 10 mars 2011

Compositeur en résidence

Brice Pauset est en résidence à l’Opéra de Dijon jusqu’en 2015. Une aventure marquée par différents temps forts.

« J’ai du mal à séparer en sphères hermétiquement closes l’activité intellectuelle du compositeur et l’activité artisanale de l’interprète.  »
 
 
En quoi consiste votre résidence auprès de l’Opéra de Dijon ?
 
Brice Pauset : L’aspect le plus important en est la commande de trois œuvres destinées à la scène. La première, Galathée à l’usine, créée fin 2012, mêle les Métamorphoses d’Ovide à l’œuvre de Simone Weil. Suivront un opéra « pour enfants » – mais avec une dimension politique à peine voilée – d’après un récit de Jacques Prévert, L’Opéra de la lune, puis en 2012-2013 un projet autour du Ring de Wagner. Il s’agit de proposer un Ring recomposé, redistribué sur une seule journée, renouant avec le projet wagnérien initial : une cérémonie sans religion.
 
En dehors de ces projets scéniques, lesquelles de vos œuvres seront-elles programmées ?
 
B. P. : Être en résidence à Dijon me permet de travailler en étroite collaboration avec les ensembles et solistes associés à l’Opéra, en particulier avec l’ensemble Les Dissonances, qui interprétera en mai 2012 Continuo, pour orchestre sans chef. Dès juin prochain, mon Gesangbuch II sera créé dans le cadre d’un programme Brahms. Ainsi, avant de créer Galathée à l’usine, l’Orchestre de Dijon aura l’occasion de se familiariser avec les techniques particulières propres à ma musique. Il y a également des projets avec de nombreux orchestres – notamment avec ceux des radios allemandes (SWR, WDR), avec le Freiburger Barockorchester et Andreas Staier, l’Ensemble Recherche…
 
Vous interviendrez également comme interprète…
 
B. P. : J’ai du mal à séparer en sphères hermétiquement closes l’activité intellectuelle du compositeur et l’activité artisanale de l’interprète. Du reste, interpréter L’Art de la fugue de Bach au clavecin, comme je le ferai le 16 avril prochain, peut aussi être envisagé comme un exercice intellectuel, et composer relève parfois de l’artisanat… Pour la saison 2011-2012, je proposerai un programme italien autour des cantates de Strozzi et des pièces de Frescobaldi et, les saisons suivantes, une intégrale des pièces de Louis Couperin. Il me semble judicieux de mettre en perspective des éléments de l’histoire qui sont très éloignés.
 
La qualité des lieux offerts par l’Opéra de Dijon a-t-elle été un argument ?
 
B. P. : Les deux lieux – le Grand Théâtre et l’Auditorium – sont de qualité exceptionnelle. L’Auditorium notamment, dont l’acoustique est incroyable, est envié par tous les orchestres européens. De plus, en comptant quelques lieux secondaires, on peut envisager de donner à Dijon l’ensemble des répertoires imaginables. Par exemple, je jouerai L’Art de la fugue dans le foyer du théâtre. Je souhaite retrouver des conditions d’exécution appropriées à l’œuvre. L’industrie discographique nous a habitués à des clavecins à la sonorité « gonflée ». Je préfère une expérience vivante, inhabituelle et orthodoxe.
 
La résidence est-elle pour vous l’occasion d’aller à la rencontre du public ?
 
B. P. : Bien sûr et cela a déjà commencé autour du premier projet d’opéra, Galatée à l’usine, auprès d’élèves de collège. De même, je souhaite que le public puisse suivre l’avancement de l’œuvre, depuis les esquisses jusqu’au résultat final. À Berlin, où j’étais récemment pour la création scénique des Exercices du silence, nous avons proposé des rencontres après les représentations. Je trouve cette solution très fructueuse et cela correspond à des questionnements qui, en tant que pédagogue, me préoccupent. J’interviendrai ainsi à l’occasion de concerts – pas seulement pour présenter ma propre musique, au contraire, j’essaie de choisir des programmes qui ne sont pas forcément ceux pour lesquels on m’attend.
 
Propos recueillis par Jean-Guillaume Lebrun


 
Brice Pauset au clavecin :
Jeudi 15 décembre 2011 à 20h.
 
Brice Pauset : Furcht und Zittern pour solistes vocaux, chœur et orchestre :
Samedi 4 février 2012 à 20h 
 
Brice Pauset : Theorie der Tränen: Louise, pour soprano et ensemble
Jeudi 22 mars 2012 à 20h et samedi 17 mars 2012 à 20h
 
Brice Pauset : L’Opéra de la lune
Samedi 12 mai 2012 à 20h, lundi 14 mai 2012 à 20h,mardi 15 mai 2012 à 20h.

A propos de l'événement


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