La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

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ALAIN PATIES

ALAIN PATIES - Critique sortie Classique / Opéra

Publié le 10 novembre 2011

DES REACTUALISATIONS DECALEES

HOTE REGULIER DE LA PENICHE OPERA, LE METTEUR EN SCENE SIGNE EN CE DEBUT D’ANNEE DEUX PRODUCTIONS : LA REPRISE DE L’IVROGNE CORRIGE DE GLUCK ET LA CREATION ATTENDUE DE ELLE EST PAS BELLE, LA VIE ?, NOUVELLE IMMERSION MUSICALE DU COMPOSITEUR VINCENT BOUCHOT DANS LES BREVES DE COMPTOIR DE JEAN-MARIE GOURIO.

« La fidélité est un élément important du travail à la Péniche Opéra. » Alain Patiès
 
Vous êtes depuis de nombreuses années « collaborateur artistique » de la Péniche Opéra. En quoi cela consiste-t-il ?
Alain Patiès : Je crée des mises en scène, je participe avec Mireille Larroche au choix des ouvrages, à la mise en place des saisons. La fidélité est un élément important du travail à la Péniche Opéra. Nous aimons bien travailler sur plusieurs projets, sur le long terme. Il y a une véritable dynamique de groupe.
 
La contrainte de l’espace restreint qu’offre la Péniche est-elle une stimulation pour un metteur en scène ?
A. P. : Cela nous oblige à trouver des solutions parfois innovantes. Pour L’Ivrogne corrigé, la scène est disposée dans la longueur de la salle : je me suis offert le luxe d’une scène de 16 mètres d’ouverture ! Il s’agit alors d’être astucieux, pour que le décor puisse être adapté, réduit en largeur ou relevé selon les salles. Pour les interprètes, c’est un travail intéressant, même s’il est parfois un peu déstabilisant : la projection vocale n’est pas la même, et suivre la direction est plus délicat lorsque le chanteur se retrouve à 14 mètres des musiciens.
 
Pour L’Ivrogne corrigé, vous avez adapté l’œuvre au goût du jour…
A. P. : Lorsque Gluck composait, il craignait que le public ne trouve sa musique trop « savante ». Il y a donc inséré de nombreux airs à la mode, que tout le monde à l’époque connaissait. J’ai juste repris le principe de Gluck, mais avec des airs qui s’adressent au public d’aujourd’hui. Bien sûr, la mise en scène est moderne, et les costumes aussi, pour lesquels je me suis inspiré de l’univers de Fernando Botero.
 
L’opéra de Vincent Bouchot, Elle est pas belle, la vie?, que vous montez en janvier, s’inscrit-il dans cet héritage de l’opéra comique ?
A. P. : Mireille monte Rita ou le mari battu de Donizetti. Elle souhaitait une seconde partie moins légère. Elle est pas belle, la vie? s’inscrit dans la continuité de notre travail avec Vincent Bouchot, dont la Péniche Opéra avait créé Ubu ou La Belle Lurette. En terme de livret et de choix musicaux, ce deuxième ouvrage tiré des Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio est très différent de ses précédentes Cantates de bistrot. Le résultat est très proche du monde d’aujourd’hui. Il y a dans l’œuvre un quatrième personnage, en plus de ceux joués par Paul-Alexandre Dubois, Christophe Crapez et Amira Selim : il s’agit de la télévision, omniprésente dans les cafés d’aujourd’hui et qui aura ici sa voix propre, ses propres vocalises.

Propos recueillis par Jean-Guillaume Lebrun


L’Ivrogne corrigé, de Gluck du 5 au 9 janvier
à l’Opéra Bastille ;
Rita ou le mari Battu, de Donizetti et Elle est pas belle, la vie?
de Vincent Bouchot,
à partir du 10 janvier à la Péniche Opéra.

A propos de l'événement


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