Claire Durand-Drouhin imagine des « Duos improbables », en quête de vérité
Quelle vérité dans les corps, tous les [...]
Prix du jury du Festival Impatience 2023, En une nuit – Notes pour un spectacle se fonde sur la pensée de Pasolini, écrivain, journaliste et réalisateur, poète scandaleux déplorant la disparition des lucioles. Création du collectif Habemus Papam, la pièce en forme d’ébauche se diffracte en de multiples pistes, sans éviter une forme de didactisme.
« Nous avons entre 25 et 35 ans, et nous sommes en manque de quelque chose. » La rencontre avec l’œuvre de Pasolini les a saisis, les a aidés à penser ce manque, les a convaincus d’en faire un spectacle. Ou plutôt une ébauche du spectacle qu’ils voudraient réaliser, un croquis en cours d’élaboration qui emprunte et empile des voies plurielles, entre engagement et ironie. Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette et Eva Zingaro-Meyer, qui confient avoir été coupés des racines paysannes de leurs arrière-grands-parents, ont ensemble mis en forme une quête inachevée, une enquête fantasmant autour du monde disparu que regrette Pasolini, une tentative qui se veut écho scénique de ses appunti, carnets de notes en suspens. Le plateau devient la plage d’Ostie aux allures de terrain vague où Pasolini a été assassiné le 2 novembre 1975, sans que jamais l’enquête ne puisse aboutir.
Un laboratoire intranquille, qui mêle joie et désespoir
Autour de ce corps mort (figuré ou non, peu importe), qui évoque aussi la destruction des mondes anciens, le collectif déroule un fil entre évocation de Pasolini par une proche, réflexions sur sa pensée, idées de mise en scène, restitution de sa dernière interview, etc. Au cœur du spectacle, s’affirme l’idée pasolinienne d’une rupture anthropologique qui a annihilé les mondes prolétaires, paysans, périphériques, suite à la prise de pouvoir du capitalisme, un « nouveau fascisme » hédoniste qui dénature le monde et les êtres. « Avoir, posséder, détruire », soit l’avènement d’un modèle unique et homogénéisé. Malgré les excellents interprètes et la forme éclatée en diverses directions, l’ensemble n’échappe pas à un didactisme démonstratif, les fragments et adresses n’ouvrent pas de réelles voies imaginaires, creusent plutôt un sillon insistant qui emprunte à la rage du poète frioulan, sans dimension tragique. Une veillée joyeuse et laborieuse, désireuse d’action.
Agnès Santi
à 13h40, relâche le 15 juillet. Tel : 04 65 00 00 90. Durée : 1h40.
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