« L’École des Femmes » mis en scène par Frédérique Lazarini célèbre la puissance libératrice de l’amour en faisant place à la complexité stimulante de l’œuvre
Avec Cédric Colas et Sara Montpetit dans les [...]
Kuo‑Shin Chuang chorégraphe taïwanais originaire de Tafalong, consacre sa recherche à la transmission des chants et danses autochtones et rituelles pangcah, qu’il réinvente en une écriture contemporaine.
Dans ∞ Infinity Loop (Cycle infini), Kuo‑Shin Chuang transforme un héritage rituel en matière chorégraphique contemporaine. Issu du peuple Pangcah, il puise dans les danses de l’ilisin, notamment la fête des récoltes, où chaque génération accomplit ses tâches, chante, répète, et peine, pour en extraire une philosophie du mouvement : celle d’un corps qui avance, revient, répète, et inscrit dans la réitération la mémoire d’une communauté. Sur scène, les danseurs apparaissent d’abord comme dans un quotidien partagé. Puis la lumière les rassemble en un demi‑cercle, mains jointes, oscillant comme une seule entité. Leurs pas glissés, leurs flexions, leurs déplacements en « huit » composent une grammaire minimale où chaque variation, chaque infime décalage, devient signe. C’est une manière d’habiter le temps, de faire sentir la fatigue, la persévérance, la solidarité.
Vers l’infini et au-delà
Il y a de la bacchanale paysanne dans ces bras qui se croisent, cette insistance rythmée, où chacun des huit interprètes avancent genoux pliés et frappent leurs cuisses, tapent le sol de leurs pieds, lèvent les bras, sautent et recommencent. Le symbole ∞ se devine dans les mains entrelacées, dans les formations qui se déploient et se resserrent, dans les lignes humaines qui avancent. Les projections amplifient cette sensation de cycle. Des bras étendus se superposent en chaînes de montagnes ; des corps filmés en direct se mêlent aux corps présents, brouillant les frontières entre réel et image. Ce qui pourrait pousser à se méprendre et penser qu’il s’agit d’un emprunt aux chorégraphies en vogue aujourd’hui. La musique, faite de percussions, de pulsations électroniques, de battements réguliers, guide les danseurs autant qu’elle les contraint. Elle impose une cadence obsessionnelle ou rituelle : un état où la volonté s’efface, où le corps poursuit sa tâche par allégeance à une histoire, à une transmission.
Agnès Izrine
à 14h25. Relâche les 8, 15, 22 juillet. Durée : 45 min. Tél. : 04 90 22 48 43. À partir de 6 ans.
Avec Cédric Colas et Sara Montpetit dans les [...]
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