La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Critique

Burn baby burn

Burn baby burn - Critique sortie Théâtre
Crédit : Christophe Raynaud de Lage Légende : Suliane Brahim, interprète de Violette, dans Burn baby burn de Carine Lacroix.

Publié le 10 mars 2010

Deuxième volet du diptyque mis en scène par Anne-Laure Liégeois au Studio-Théâtre de la Comédie-Française, Burn baby burn traverse les territoires de la solitude et du mal de vivre adolescent. Un spectacle joliment sensible à partir d’un texte sans grandes fulgurances.

Après Le Bruit des os qui craquent de la dramaturge québécoise Suzanne Lebeau, la metteure en scène Anne-Laure Liégeois (actuelle directrice du Festin – Centre dramatique national de Montluçon) présente Burn baby burn de Carine Lacroix (jeune auteure née en 1974). Fruit d’une commande de Muriel Mayette, ce diptyque théâtral fait se succéder deux textes sélectionnés par le bureau des lecteurs de la Comédie-Française, textes distingués par le public lors du Festival des écritures contemporaines organisé en juin 2008 au Théâtre du Vieux-Colombier. Réunies par une même scénographie et une même distribution (Suliane Brahim, Gilles David, Isabelle Gardien, Benjamin Jungers), ces pièces partagent également un même domaine thématique : le récit de l’enfance et de l’adolescence en douleur. Ainsi, faisant suite aux deux enfants soldats du Bruit des os qui craquent, ce sontaujourd’hui deux adolescentes égarées qui se présentent à nous dans Burn baby burn. Deux êtres paumés qui se rencontrent au milieu de nulle part et finissent par s’attacher l’un à l’autre. Un attachement singulier, fait d’affabulations, de heurts, de rêves de voyages, de mal-être, de solitude.
 
Les égarements d’une jeunesse en rupture
 
Un attachement qui unit des jeunes filles à la fois proches et diamétralement opposées. Toutes deux en rupture avec le monde, l’une se révèle acerbe, querelleuse (Violette), pendant que l’autre laisse planer autour d’elle une étrange gaieté, un genre de bonne humeur fiévreuse (Hirip). Rompant le fragile équilibre de cette relation naissante, un jeune livreur de pizza (Issa) viendra se perdre auprès de ces deux personnages. Fondée sur un procédé d’écriture double entrelaçant parties narratives (que Gilles David adresse, depuis un coin de l’avant-scène, à la manière d’un crooner) et dialogues, la pièce de Carine Lacroix déploie, une heure durant, des motifs et des personnages assez convenus. Si ce n’était les performances pleines de sensibilité des interprètes (parmi lesquels Isabelle Gardien, dans le rôle d’Hirip, et Benjamin Jungers, dans celui d’Issa, se révèlent particulièrement convaincants), ce Burn baby burn manquerait cruellement de caractère et d’épaisseur. Mais, au sein de la jolie mise en scène d’Anne-Laure Liégeois, les Comédiens-Français parviennent à insuffler à cette chronique sur les troubles de l’adolescence des accents de vitalité et de pénétration réellement attachants.
                                                                                                                             
Manuel Piolat Soleymat


Burn baby burn, de Carine Lacroix ; mise en scène et scénographie d’Anne-Laure Liégeois. Du 25 février au 7 mars 2010. Du mercredi au dimanche à 18h30. Studio-Théâtre de la Comédie-Française, Galerie du Carrousel du Louvre, 99, rue de Rivoli, 75001 Paris. Réservations au 01 44 58 98 58 et sur www.comedie-francaise.fr

A propos de l'événement


x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur le Théâtre

Inscrivez-vous à la newsletter

x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur le Théâtre