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Après la répétition

Après la répétition - Critique sortie Théâtre
© Eric Charbeau Légende : Didier Bezace et Fanny Cottençon, au fil d’une partition mélancolique et douce-amère oscillant entre le rêve et le réel, entre l’art et la vie.

Publié le 10 septembre 2009

Laurent Laffargue transpose à la scène l’oeuvre d’Ingmar Bergman avec Didier Bezace, Céline Sallette et Fanny Cottençon. Une sonate nuancée et mélancolique qui traverse l’espace théâtral, le temps et les désillusions.

Laurent Laffargue devient cette saison l’un des artistes associés du théâtre de la Commune,  où il créera en mars 2010 Casteljaloux, du nom d’une bourgade faussement idyllique du Lot-et-Garonne. Créée l’an dernier au Théâtre de l’Athénée, Après la répétition transpose sur le plateau l’œuvre d’Ingmar Bergman, qui met en scène un metteur en scène vieillissant, Henrik Vogler, interprété avec une subtile ironie et une profondeur mélancolique par Didier Bezace, et deux femmes, la jeune Ana – Céline Sallette -, comédienne en devenir passionnée, qui fait subitement intrusion pour parler à Henrik, puis Rakel – Fanny Cottençon -, belle femme épuisée par la vie, abîmée par l’alcool, qui sollicite un ultime rôle. Une très grande armoire trône, où sont projetées des images des comédiens en train de répéter Le Songe de Strindberg un peu plus tôt dans l’après-midi, que Vogler monte pour la cinquième fois. Lorsque la pièce commence, on ne sait pas vraiment si le metteur en scène se réveille ou s’il rêve l’après-répétition. Les échanges entre les personnages questionnent le métier d’acteur et de metteur en scène autant que des enjeux plus intimes, autour du désir et des tourments amoureux. Laurent Laffargue utilise des éléments de décor de ses anciens spectacles (la double tournette de Terminus de Daniel Keene) et explore ici à nouveau l’un de ses thèmes de prédilection, la mise en abyme du théâtre. La représentation laisse voir les mouvements de l’âme des protagonistes en quête d’apaisement au-delà du jeu théâtral, amoureux ou existentiel, un jeu complexe lourd de faux-semblants, de non-dits et de comptes à régler.

Agnès Santi


Après la répétition d’Ingmar Bergman, mise en scène Laurent Laffargue, du 23 septembre au 9 octobre, mardi et jeudi à 19h30, mercredi, vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 16h, relâche le 29, au Théâtre de la Commune, 2 rue Edouard Poisson, CDN d’Aubervilliers. Tél : 01 48 33 16 16.

A propos de l'événement



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