La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Propos recueillis

Anne-Laure Connesson

Renaissance de La Mouette

Nassima Benchicou met en scène Nina, du dramaturge espagnol José Ramón Fernández. Anne-Laure Connesson interprète cette réincarnation contemporaine de l’héroïne de La Mouette, de Tchekhov.

Publié le 10 novembre 2011 - N° 192

Renaissance de La Mouette

Nassima Benchicou met en scène Nina, du dramaturge espagnol José Ramón Fernández. Anne-Laure Connesson interprète cette réincarnation contemporaine de l’héroïne de La Mouette, de Tchekhov.

« Quand je suis tombée sur cette pièce, ça a été un coup de foudre : pour les personnages, l’atmosphère, le dialogue entre naturalisme et poésie, celui entre l’écriture contemporaine et celle de Tchekhov. José Ramón Fernández est parti des dernières scènes de La Mouette et s’est laissé porter par Tchekhov pour travailler entre évocation et recréation. Beaucoup de coups de foudre ont suivi. J’ai présenté la pièce à Tristan Petitgirard qui a voulu jouer Blaise. Nous l’avons présentée à la metteur en scène Nassima Benchicou : même coup de foudre ! C’est une pièce qui marche comme ça ! Un peu comme chez Tchekhov, c’est une histoire sans histoire et une musique sans paroles. Une jeune femme, qui a vécu toute son enfance dans une petite station balnéaire où elle était la reine de la plage, est partie à la ville devenir actrice. Son rêve ne s’est pas réalisé comme elle l’espérait. Après échecs et désillusions, elle revient dans son village, en état de détresse morale et physique. Elle retrouve Blaise, un ami d’enfance avec lequel elle revit sa vie passée. Le temps d’une nuit, ils vont devoir laisser sur place un certain nombre de choses pour pouvoir renaître.
 
Naturalisme et poésie
 
En affrontant ce qu’elle a été et ce qu’elle est, ce qu’elle a fait et ce qu’elle n’a pas fait, en acceptant que ses échecs fassent partie d’elle-même, Nina peut renaître. Alors que chez Tchekhov, l’horizon est bouché, José Ramón Fernández entrebâille une petite porte sur l’espoir. Nina doit passer un cap mais elle ne peut pas le faire toute seule, elle a besoin du miroir que lui tend Blaise pour repartir. La pièce est construite dans une unité de temps et de lieu : c’est dans l’espace impersonnel d’un hôtel que se crée l’intimité inattendue entre les trois personnages, Nina, Blaise et l’homme qui tient l’hôtel, sorte de figure paternelle qui confronte Nina à Blaise. Pour respecter l’alliance entre naturalisme et poésie, nous avons voulu un décor tangible (un hôtel défraichi) et, en même temps, pas complètement figuré, pas trop réaliste. L’intérêt, c’est aussi de promouvoir cet auteur, connu en Espagne mais pratiquement pas en France. C’est aussi pour cela que nous le faisons venir et que nous organisons plusieurs événements, qui, nous l’espérons, vont le faire connaître. »
 
Propos recueillis par Catherine Robert


Nina, de José Ramón Fernández, traduction d’Angeles Muñoz ; mise en scène de Nassima Benchicou. Du 1er novembre au 23 décembre 2011. Du mardi au samedi à 20h45. Théâtre des Déchargeurs, 3, rue des Déchargeurs, 75001 Paris. Tél : 08 92 70 12 28.

A propos de l'événement


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