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Avignon / 2026 - Entretien / Andréa Bescond
Andréa Bescond confie à Déborah Moreau tous les rôles de la pièce de Jean Anouilh pour une Antigone d’aujourd’hui, en danse et en musique, qui parle de, à et avec toutes les femmes.
« À l’adolescence, alors que mon souhait, dans la vie, était de danser, j’ai découvert le texte d’Anouilh comme une révélation qui m’a complètement bouleversée. Je n’ai pas été élevée dans le féminisme : c’était la première fois que je prenais conscience du combat des femmes, de cette puissance-là. Je ne savais pas que je le retrouverai un jour au théâtre, mais depuis ce moment, j’en attendais l’occasion. Elle s’est présentée avec Déborah Moreau, quand je lui ai demandé si ça l’intéressait, et qu’elle a accepté avec enthousiasme. En 2026, huit ans après #MeToo, la parole des femmes s’est grandement libérée, mais on assiste partout dans le monde à un recul de leurs droits, de la pénalisation de l’avortement aux États-Unis à la tyrannie des Talibans. Antigone, qui se dresse contre le pouvoir d’un homme cupide et stupide, est plus que jamais d’actualité.
Résistance féministe
Voilà pourquoi j’ai décidé de monter la pièce de façon contemporaine, afin qu’elle soit entendue par le public d’aujourd’hui, notamment les plus jeunes. J’actualise le phrasé, sans transformer le texte. J’ai voulu une grande sobriété, comme un acte politique autour du rien : un plateau vide, une comédienne vêtue d’un jean et d’un body noir, un banc noir et un verre d’eau. Déborah interprète tous les rôles ; les espaces sont créés par la lumière ; une grande place est offerte à la musique et à la danse. Déborah est une excellente interprète, capable de répondre à l’exigence de physicalité des personnages, passant, de tableau en tableau, d’un jeu réaliste à un jeu quasi cartoonesque. Cette Antigone est très irrévérencieuse, intellectuellement supérieure à Créon, et audacieuse au point de s’amuser à le pousser dans ses retranchements. Elle sait qu’elle va mourir, mais sa protestation aide les autres à prendre la parole, leur donne de la force. Insuffler de la force aux femmes : tel est mon objectif avec cette Antigone-là. »
Propos recueillis par Catherine Robert
à 18h, relâche les lundis. Tél. : 04 90 86 74 87. Durée : 1h25. Reprise de la pièce Les Chatouilles, les 6 et 13 juillet à 16h45. Durée : 1h45.
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