Classique / Opéra - Portrait / Musique contemporaine

Zad Moultaka : l’homme aux multiples possibles

Zad Moutalka © Catherine Peillon

DEUX COMPOSITEURS / PORTRAIT

Le moins que l’on puisse dire est que Zad Moultaka est unique dans le paysage culturel. Tout à la fois compositeur et plasticien, il a d’abord poursuivi une carrière de pianiste avant d’arrêter parce qu’il voulait connaître « l’expérience d’un nouveau possible ». Un possible qui semble infini…

Né au Liban en 1967, Zad Moultaka garde de sa culture d’origine un fort attachement qui fait partie intégrante de son travail de compositeur : « Je suis en quête d’un langage personnel qui soit riche de l’aventure musicale occidentale et de ses questionnements aujourd’hui ainsi que de mon héritage oriental avec ses propres problématiques. ». Si dans son œuvre, la voix est très présente, parce que « c’est le premier son qu’on entend après celui de l’intérieur de la machine du corps humain, le premier fil qui relie l’être à l’immensité de l’incompréhensible », le sonore l’intéresse dans sa globalité, « depuis les sons les plus anodins jusqu’aux plus sophistiqués ». Il en résulte une œuvre protéiforme et foisonnante, au point qu’il est impossible de citer toute son actualité : pour la Nuit blanche, Zad Moultaka réalise une installation sonore dans le tunnel des Tuileries avec l’ensemble vocal Musicatreize, il crée ensuite « Um » pour deux ensembles et électroniques au Festival d’Île de France, et, inspiré par la situation actuelle du Moyen-Orient, « Regarde ici-bas » pour chœur a cappella par le chœur Spirito à la MC2 de Grenoble.

Musicien et plasticien

Il va également inaugurer une résidence de deux ans à l’Arsenal de Metz, sans compter la sortie du disque « Rituels » dont il fera des présentations publiques à Marseille et à Paris. Cela, c’est pour la musique. Car Zad Moultaka a d’autres cordes à son arc, en particulier les arts plastiques. Si « les deux pratiques ont cohabité dès le début », il ressent comme un espace vital « l’espace de l’atelier, son silence, son intériorité ». Excusez du peu, il représentera le Liban en 2017 à la Biennale d’art de Venise où il a été missionné pour créer le pavillon libanais : «  œuvre monumentale ambitieuse, picturale, sculpturale et musicale, qui questionne le sacré et le spirituel dans notre monde qui dérive. » La cohérence de son parcours pourrait se définir par le moteur de son geste créatif : « la folle énergie du désir. Quelque chose d’étrange qui surgit mais qui est nourri constamment par la vie et le monde qui nous entoure. »

 

Ilana Mazel

A propos de l'événement

Zad Moultaka : l’homme aux multiples possibles
du Samedi 1 octobre 2016 au Samedi 21 janvier 2017


Dates à venir :


« Montée des ombres », Nuit blanche, 1er octobre 2016, Tunnel des Tuileries, Paris.


« Tu n’as rien vu à Ougarit », pour chœur et deux instruments par Chœur en Scène, du 6 au 8 octobre à Anis Gras - Le lieu de l’autre 55, avenue Laplace, 94110 Arcueil et le 9 octobre, à 17h à l’Eglise protestante unie de Palaiseau, 33 Avenue du Président Wilson, 91120 Palaiseau.


« Um, souverain moteur de toutes choses », Ars nova, Neue Vocalsolisten Stuttgart, vendredi 7 octobre à 20h30 dans le cadre du festival d’Île-de-France, Théâtre Jean-Vilar, Vitry sur Seine (94).


« Regarde ici-bas », mardi 22 novembre à 20h30 à la MC2 Grenoble.


« La Passion d’Adonis » Parcours IMA, 21 janvier 2017, Institut du Monde Arabe, Place Mohammed V, 1 rue des Fossés St Bernard, 75005 Paris.


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