Ariane Mnouchkine et les siens créent « Ici sont les Dragons, Deuxième Époque » : une fresque brillamment incarnée qui nous alerte
Après une Première Époque consacrée à l’année [...]
Le Théâtre du Châtelet poursuit son passage en revue de la comédie musicale américaine avec Top Hat, spectacle plaisamment adapté du film original et servi par des interprètes de grand talent.
L’intrigue est assez mince et très fleur bleue : ce n’est pas dans l’avalanche des péripéties et quiproquos que vivent les personnages de Top Hat qu’on ira chercher de quoi éclairer la complexité des relations amoureuses et maritales. Dale et Jerry s’aiment dès le premier regard et leurs cœurs battent aussi fort que les claquettes sur le plancher qui les sépare, mais leur fougue est leur meilleur ennemi. Horace et Madge s’agacent, puisque le mariage est un naufrage, mais s’aiment plus fort qu’ils ne se détestent. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, une fois passée la crise et risqué le naufrage dans les eaux de la lagune vénitienne. Il faudrait être bien snob (comme l’est la vieille Europe en ses fumoirs prétentieux, quand elle toise le danseur américain virevoltant), pour ne pas goûter à la romance et ne pas être séduit par le sémillant Jerry, la délicieuse Dale et leurs amis. Kathleen Marshall, chorégraphe et metteuse en scène, a d’ailleurs l’intelligence de jouer avec les poncifs : ainsi le striptease avec porte-chaussettes du couturier Beddini, quand il vante les mérites de l’amour à l’italienne, se moque-t-il gentiment du latin lover.
Chapeau bas !
Le film de Mark Sandrich marqua, en 1935, l’histoire du foisonnement créatif des studios d’Hollywood, et catapulta Fred Astaire et Ginger Rogers au firmament. La version produite par le Chichester Festival Theatre est à la hauteur du défi de sa reprise scénique. La succession des numéros dansés et chantés, le talent des interprètes (parmi lesquels brille Emma Williams en Madge désopilante et épatante, comme on disait dans les années 30, quand le film original a été réalisé), les somptueux décors tournants de Peter McKintosh et les très beaux costumes qu’il signe avec Yvonne Milnes – ah ! la robe en plumes qu’avait dessinée Ginger Rogers et dans laquelle Nicole-Lily Baisden se glisse avec grande élégance !) tiennent l’ensemble et offrent de très beaux moments. Plus athlétiques que leurs ancêtres cinématographiques, les Dale et Jerry de cette production en conservent la grâce. Le choix de confier à Phillip Attmore la reprise du rôle de Fred Astaire est l’occasion revendiquée, pour Kathleen Marshall, de rendre hommage aux racines noires américaines du jazz et des claquettes. Le livret de Matthew White et Howard Jacques fait la part belle aux personnages secondaires, l’orchestration et les arrangements de Chris Walker sont de toute beauté. The cares that hang around us through the week seem to vanish, quand on est au Châtelet, cette maison où l’on n’entre pas pour s’ennuyer, comme l’affirme son directeur, Olivier Py.
Catherine Robert
Mardi à samedi à 20h ; samedi et dimanche à 15h.
Tél. : 01 40 28 28 40.
Durée : 2h30 avec entracte.
Après une Première Époque consacrée à l’année [...]
Elsa Agnès met en scène le texte original [...]
Stéphane Braunschweig continue son [...]