La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Classique / Opéra - Entretien LAURENT PETITGIRARD

TAPIS ROUGE POUR LA MUSIQUE DE CINEMA

TAPIS ROUGE POUR LA MUSIQUE DE CINEMA - Critique sortie Classique / Opéra Douai Auditorium Henri Dutilleux de Douai
Crédit photo : Nicolas Taffin

De la musique à l’écran, de l’écran à la musique
SYMPHONIQUE / SALLE PLEYEL

Publié le 28 février 2013 - N° 207

Compositeur éclectique s’exprimant aussi bien dans le domaine symphonique que dans ceux de l’opéra ou la musique de cinéma, et bien sûr chef d’orchestre bien connu en qualité de directeur musical et chef permanent de l’Orchestre Colonne, Laurent Petitgirard vient de prendre la direction du nouveau cycle de musique à l’image du Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Une nomination qui marque une nouvelle étape dans le rapprochement des mondes de la musique classique et des musiques composées pour l’image.

« Jouer la musique de film en concert sous-entend de l’avoir réécrite sous forme d’une véritable suite symphonique. »

Diriez-vous que la musique composée pour le cinéma reste mal considérée par le monde de la musique classique ?

Laurent Petitgirard : La musique de film n’est plus déconsidérée par la plupart des orchestres symphoniques. Elle peut constituer une excellente approche du monde symphonique en attirant un nouveau public, dont les orchestres ont bien besoin. Elle est également souvent plaisante à jouer pour les musiciens. Mais c’est surtout vrai pour des compositeurs comme John Williams, Maurice Jarre, Michel Legrand, Georges Delerue ou Bruno Coulais.  Jouer la musique de film en concert sous-entend de l’avoir réécrite sous forme d’une véritable suite symphonique et non pas de présenter un assemblage approximatif des partitions des séances d’enregistrement. Cela implique également de disposer de musiques dans lesquelles il y a de véritables thèmes et non pas du simple sound design, comme dans tant de « partitions » actuelles.

Programmer par exemple des œuvres de Bernard Herrmann ou John Williams (ou de beaucoup d’autres) au sein de programmes symphoniques traditionnels, c’est-à-dire en les faisant cohabiter avec des œuvres de compositeurs classiques, vous paraît-il une idée à suivre?

L. P. : Il faut à mon sens veiller à ne le faire qu’en situation. J’ai programmé dans la dernière  saison Colonne, avec Fauré et Beethoven, le concerto de violon que Bruno Coulais à écrit pour le film de Benoit Jacquot « Au fond des bois » et en octobre prochain, le Concerto de violon que John Corigliano a écrit pour le film « Le Violon Rouge » avec le Don Quichotte de Strauss. Mais il s’agit de véritables œuvres de concert, composées avant le tournage du film et dont la forme s’intègre parfaitement dans un concert classique. Le problème de la musique de film, c’est le format, une succession de segments courts qui ne correspondent souvent pas au rythme d’un concert classique.

Vous venez de prendre la direction d’un nouveau cursus de musique à l’image au CNSM de Paris…

L. P. : C’est Bruno Mantovani qui aura été le premier directeur du CNSMDP à respecter le cahier des charges qui prévoyait l’ouverture d’une classe. Il a été plus loin en créant, avec le concours du CNC et de la Femis, un véritable cycle qui comprend, outre le cours de composition que j’assume, des cours de mixage, de montage, de maquettage, d’histoire de la musique de film (donnés par deux conférenciers, Stéphane Lerouge et Jean-Stéphane Guitton), des rencontres avec des compositeurs qui viennent donner une master class – Bruno Coulais, Jean-Claude Petit, Jean-Michel Bernard, Philippe Hersant, Stéphane Moucha, Eric Demarsan… -. Les sept étudiantes et étudiants sélectionnés sont tous détenteurs d’un 3ème cycle et viennent d’horizons très différents. J’avais créé la première classe consacrée à la musique de film en France à l’Ecole Normale de Musique en 1980 et je suis heureux de voir un cycle aussi complet mis en place.

Quel est votre compositeur « pour l’image » préféré?

L. P. : Je considère que le plus impressionnant des compositeurs écrivant pour le cinéma à jouer en concert est sans conteste John Williams. Ses partitions, très diverses, sont admirablement conçues, magnifiquement orchestrées et souvent très inspirées. Elles sont de plus excellemment éditées et constituent un régal à interpréter pour les musiciens d’orchestre. J’ai un faible pour la partition de « Rencontres du Troisième Type », véritable poème symphonique écrit deux ans avant le tournage du film.

Propos recueillis par Jean Lukas.

A propos de l'événement

LAURENT PETITGIRARD
du Mardi 12 mars 2013 au Mardi 16 avril 2013
Auditorium Henri Dutilleux de Douai
87 rue de la Fonderie 59500 Douai
Prochains concerts de Laurent Petitgirard : Auditorium Henri Dutilleux de Douai. 87 rue de la Fonderie 59500 Douai. Mardi 12 mars à 20h30. Tél. : 03 27 71 77 77. Création mondiale de son Concerto pour saxophone par l’Orchestre de Douai (sous sa direction) avec Michel Supéra en soliste. Salle Pleyel. 252 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Mardi 16 avril à 20h. Tél. : 01 42 56 13 13. Places : 10 à 30 €. Œuvres de Jean Prodromidès (Traverses), Rachmaninov (Rhapsodie sur un thème de Paganini) et Tchaïkovski (Symphonie n° 5). Orchestre Colonne, direction Laurent Petitgirard, violon Victoria Kogan.
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