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Théâtre - Gros Plan

Marguerite Duras au Théâtre de l’Athénée

Marguerite Duras au Théâtre de l’Athénée - Critique sortie Théâtre
Crédit photo : DR Légende : « Edwige Baily et Jacqueline Bir dans Savannah Bay. »

Publié le 10 novembre 2011 - N° 192

Savannah Bay, mis en scène par Philippe Sireuil ; Le Shaga, mis en scène par Claire Deluca et Jean-Marie Lehec. Durant tout le mois de novembre, le Théâtre de l’Athénée rend hommage à l’œuvre dramatique de Marguerite Duras.

Figure emblématique des Lettres françaises de la seconde moitié du XXe siècle, Marguerite Duras a exploré de très nombreux champs d’écriture. Romans, bien sûr, récits, mais également articles de journaux, scénarios et textes de théâtre. Quinze ans après sa disparition, le Théâtre de l’Athénée a choisi de se consacrer entièrement, durant un mois, à l’écrivaine de la rue Saint-Benoît. Cela à travers deux de ses pièces : Savannah Bay (interprété par Edwige Baily et Jacqueline Bir) et Le Shaga (interprété par Claire Deluca, Jean-Marie Lehec et Karine Martin-Hulewicz). Deux œuvres qui dévoilent des enjeux dramatiques et des tonalités distinctes. Si Savannah Bay est l’une des pièces les plus jouées de Marguerite Duras (elle fut créée par Bulle Ogier et Madeleine Renaud, en 1983, dans une mise en scène de l’auteure), Le Shaga est plus rarement représenté sur scène. En s’amusant à inventer une langue qui n’existe pas (langue qu’une femme se met soudainement à parler, un matin, en se réveillant), Marguerite Duras a voulu démontrer, dans cette œuvre moins connue, « ce que les idées reçues deviennent chez les gens dérangés psychiquement, qui parlent et que la parole entraîne ».
 
« Tu es la comédienne de théâtre, la splendeur de l’âge du monde. »
 
« Lorsqu’on attaque une institution, comme celle du langage, explique l’écrivaine, on est dans la subversion. C’est une transgression, Le Shaga. » Plus proche des grandes obsessions durassiennes, Savannah Bay sublime les thèmes de l’amour, de la mort, de la mémoire, de l’oubli, du théâtre de l’existence. « Tu es la comédienne de théâtre, la splendeur de l’âge du monde, son accomplissement, l’immensité de sa dernière délivrance », écrit Marguerite Duras en introduction à sa pièce, au sujet de Madeleine, un personnage de comédienne célèbre, âgée, qui explore les méandres de sa mémoire face à une femme plus jeune qu’elle. « L’infinie liberté de son écriture fait de Savannah Bay un moment de théâtre qui nous tend en partage ce que l’amour, la douleur, la quête de vérité et la poésie peuvent oser de plus beau », déclare le metteur ne scène Philippe Sireuil. Un moment de théâtre entre réminiscences, incertitudes, silences et immobilité.
 
Manuel Piolat Soleymat 


Savannah Bay, de Marguerite Duras ; mise en scène de Philippe Sireuil. Grande salle. Le Shaga, de Marguerite Duras ; mise en scène de Claire Deluca et Jean-Marie Lehec. Salle Christian-Bérard. Du 4 au 26 novembre 2011. Le mardi à 19h, du mercredi au samedi à 20h, relâche les lundis et dimanches. Matinées exceptionnelles le dimanche 13 novembre à 16h et le samedi 26 novembre à 15h. Athénée Théâtre Louis-Jouvet, square de l’Opéra Louis-Jouvet, 7, rue Boudreau, 75009 Paris. Tél 01 53 05 19 19 et sur
www.athenee-theatre.com

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