Au bout du monde
Daniel Mesguich adapte La langue d'Olivier [...]
Avignon / 2017 - Entretien / Anne Peko
Entre violon et piano, Anne Peko marie tendresse et respect pour un hommage théâtral et musical à Barbara qui pérégrine dans son univers en chaloupant avec élégance entre ses chansons.
« C’est un plaisir de défendre de la vraie poésie et une musicalité si raffinée. »
Comment ce spectacle est-il né ?
Anne Peko : Du hasard des rencontres, dans une démarche sensible plutôt que selon un projet réflexif. Il y a cinq ans, au Théâtre de Ménilmontant, on m’a proposé de composer un hommage à Barbara. Cela a donné un très joli spectacle, quelque chose qui s’est fait de manière très tendre et pas du tout forcée. Le spectacle a joué à guichet fermé et a été repris tout l’été 2014 au Lucernaire. J’ai laissé passer quelque temps et j’ai décidé de le recréer, parce que j’avais l’impression qu’il ne s’était pas épanoui comme il aurait dû.
Comment interpréter Barbara après Barbara ?
A. P. : Evidemment, avec Piaf, qui chante des petites histoires très scénarisées, c’est plus facile ! L’univers de Barbara est très mental, beaucoup plus personnel, souvent en miroir de sa propre vie. Quand je chante Nantes, par exemple, je dis « elle » : on ne peut pas reprendre cette chanson si intime à la première personne. Mais je suis interprète et je viens du théâtre : ma formation de comédienne m’a aidée. L’interprète que je suis rencontre l’œuvre d’une artiste complète, qui n’était pas seulement interprète, mais auteur et compositeur. C’est un plaisir de défendre de la vraie poésie et une musicalité si raffinée. Il y a un autre obstacle, lié au fait qu’elle ne chantait jamais en force. Ses mélodies sont comme les montagnes russes ! Ça module tout le temps, ça change de tonalité : ce n’est pas facile techniquement et ça demande d’être en forme ! Là, c’est ma formation lyrique, et peut-être mes origines slaves, qui m’ont aidée !
Commet s’organise le spectacle ?
A. P. : Il commence avec J’ai troqué, la toute première chanson de Barbara, politiquement incorrecte et très représentative de sa veine réaliste et coquine. Il y a une légèreté dans ce spectacle, car Barbara avait aussi quelque chose de léger : on ne peut pas la réduire à la fantasmagorie des sorcières, des plumes et de la mélancolie. J’essaie de trouver l’équilibre entre légèreté et profondeur : inutile de rajouter du pathos ! Pierre-Michel Sivadier, qui vient du jazz et du classique, a fait un très beau travail de réorchestration, qui participe à créer cet univers personnel et respectueux. D’où le titre de ce spectacle : c’est ma petite cantate à Barbara, composée autour d’une œuvre qu’il faut faire vivre, comme toujours quand les œuvres sont belles.
Catherine Robert
à 22h, relâche les 18 et 25 juillet. Tél. : 04 32 76 02 79.
salle Van Gogh
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