Une nouvelle Biennale Flamenco à Chaillot avec un week-end Chaillot Expérience ouvert à partir de 6 ans
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Avec Ma Bayadère dansée par les superbes danseurs des Ballets de Monte Carlo, Jean‑Christophe Maillot transforme le répertoire en terrain d’observation sensible : celui d’une troupe dont les élans, les tensions et les fragilités deviennent le moteur même du ballet.
Dans Ma Bayadère, Jean‑Christophe Maillot ne revisite pas seulement un monument du répertoire : il en fait le miroir d’une troupe en pleine effervescence. Tout commence dans la nudité d’un studio, entre décors bâchés, costumes accrochés sur des portants et corps qui s’éveillent. Ce préambule, faussement anodin, installe le terrain d’un théâtre intérieur où les passions circulent comme une rumeur. Car pour Maillot, une compagnie est un organisme vivant, traversé d’élans et de tensions, et c’est cette matière humaine qu’il place au cœur de son récit. Inspiré de Petipa mais affranchi de toute nostalgie, le chorégraphe tisse un ballet où la rivalité artistique se confond avec les désordres du cœur : deux danseuses, un homme indécis, un accident qui fissure la création en cours. Maillot mêle les strates — la fiction du ballet et la réalité du travail — jusqu’à les rendre indissociables. Les fragments de la version originelle s’insèrent dans son écriture comme des éclats de mémoire, brouillant les frontières entre rôle et identité.
Clins d’œil et hommage
La partition de Minkus, familière au point d’être presque réflexe, est régulièrement bousculée par les interventions de Bertrand Maillot, qui en déjoue l’emphase et en révèle d’autres couleurs. Cette alternance crée un terrain sonore mouvant où les superbes danseurs des Ballets de Monte-Carlo déploient une virtuosité éclatante : la suspension aérienne de Niki‑Juliette Klein, la précision incisive de Gamza‑Romina Contreras, l’énergie souple et magnétique d’Inge Cornelis, ou encore la présence attractive de Jaat Benoot et Michele Esposito. La chorégraphie, nourrie d’emprunts à Petipa et d’un clin d’œil à Alexei Ratmansky, multiplie les perspectives, évite l’unisson facile et sculpte des ensembles d’une grande lisibilité. Quant au défi de l’« Entrée des Ombres », Maillot le relève avec une simplicité lumineuse : une descente fluide, presque irréelle, qui semble abolir le poids du monde. Les décors et costumes de Jérôme Kaplan parachèvent cette plongée dans un ballet qui parle autant de l’art que de celles et ceux qui le portent.
Agnès Izrine
à 19h30, le 4 janvier à 15h.
Tél. : +377 99 99 30 00.
Durée 1h50 avec entracte.
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