La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Entretien

Lucinda Childs

Lucinda Childs - Critique sortie Danse Pantin CND Centre national de la danse
Crédit : Cameron Wittig Légende : Lucinda Childs

Festival d’Automne / Portrait

Publié le 24 août 2016 - N° 246

Le Festival d’Automne consacre un « Portrait » à Lucinda Childs, pionnière de la post-modern dance, qui présente toutes les facettes de la chorégraphe américaine dans une grande rétrospective qui se décline en spectacles, exposition, rencontres…

Vous présentez vos « Early works » au CND Centre national de la danse dans le cadre du Festival d’Automne, qu’est-ce qui vous a poussée à reprendre ces pièces anciennes ?

Lucinda Childs : J’ai commencé ce travail pour le 50e  anniversaire de la Judson Church en 2013. Il y avait eu une grande rétrospective à New York. J’avais remonté quelques solos et il m’était apparu intéressant de jeter un regard sur cette période. Depuis, j’ai entrepris ce travail de transmission avec ma nièce, Ruth Childs, installée à Genève. Nous avons travaillé sur trois solos Carnation, Pastime et Museum Piece et, pour le festival d’Automne, nous représentons Description (of a description) qui date de 2000, ainsi que trois autres pièces des années 70, et Concerto (1993) à La Commune d’Aubervilliers.

Quel regard portez-vous sur ce mouvement, post-moderne, révolutionnaire, du Judson Church aujourd’hui ?

L. C. : C’était une espèce de laboratoire où l’on partageait ensemble nos idées. Nous étions très influencés par John Cage, en particulier l’idée d’utiliser le hasard, de refuser la subjectivité. C’était, à l’époque, très spécial, très collectif, très novateur, notamment dans notre façon de collaborer ensemble, avec les plasticiens… L’église nous avait dit : « vous pouvez travailler ici, répéter, faire des performances, tout ce que vous voulez sauf venir le dimanche ! » Je trouvais ça très drôle. C’est juste le contraire qu’on s’imagine entendre de la part d’une église. Et à part ça, le Judson, c’était quelque chose, d’un point de vue politique, de par la personnalité des gens qui étaient là…

« La plupart de mes créations ont été produites en France. »

Vous présentez également une exposition de vos archives, Nothing personal 1963-1989, sur deux sites, au CND et à la Galerie Thaddaeus Ropac à Pantin à l’occasion de la donation d’un fonds exceptionnel au CND…

L. C. : En fait, tout a commencé avec le film qu’a réalisé Patrick Bensard, seul documentaire existant sur mon travail. Ensuite je lui ai demandé s’il voulait conserver le film original en 35mm de Sol LeWitt à la Cinémathèque de la danse. C’est ainsi que le transfert d’archives a débuté. Puis la Cinémathèque de la danse a déménagé au CND. J’ai alors pensé que ce site avait déjà mes films et des conditions magnifiques pour conserver et rendre accessibles les archives. Et voilà. L’exposition réunit mon travail graphique (partitions chorégraphiques, dessins, schémas), ainsi que des documents inédits réalisés par les artistes avec lesquels j’ai collaboré, notamment Sol LeWitt, Babette Mangolte, Robert Mapplethorpe et Robert Wilson…

Le Festival d’Automne vous consacre un « Portrait ». La France tient-elle une place particulière dans votre carrière ?

L. C. : Tout à fait. J’ai rencontré Bob Wilson en 1974, et il m’a proposé cette histoire d’opéra sans me dire exactement ce qu’il voulait que je fasse. À l’époque, je n’avais joué que dans des espaces alternatifs, je n’utilisais pas de musique, pas de décors… Donc ça a été pour moi une transition surprenante. Einstein on the Beach est venu en France et c’est là qu’a commencé pour moi un nouveau chapitre de ma vie. Je suis venue en France presque chaque année. J’ai été programmée au Festival d’Automne. La première fois, en 1976, j’ai rencontré Marie Colin et Michel Guy, qui dirigeaient ce festival. Ils faisaient découvrir des événements exceptionnels, des grands artistes internationaux, c’était formidable de faire partie de cette effervescence. La plupart de mes créations ont été produites en France, grâce aussi à des commandes comme celles de Gérard Violette au Théâtre de la Ville.

 

Agnès Izrine

A propos de l'événement

Festival d’Automne
du Samedi 24 septembre 2016 au Samedi 17 décembre 2016
CND Centre national de la danse
1 Rue Victor Hugo, 93500 Pantin, France

Early Works


CND Centre national de la danse, 1, rue Victor Hugo, 93500 Pantin. Ouverture : les 24 et 25 septembre à 15h et 18h. Radial Courses (1976), Dance 2 (1979). Programme A. Pastime (1963), Carnation (1964), Museum Piece (1965), Description (of a description) (2000). Du 27 au 30 septembre. Mar. et mer. 19h, jeu. et ven. 19h et 21h. Tél. :  01 53 45 17 17. Durée : 1h. La Commune centre dramatique national, 2 Rue Edouard Poisson, 93300 Aubervilliers. Programme B. Katema (1978) Reclining Rondo (1975) Interior Drama (1977) Concerto (1993). Du mardi 27 au vendredi 30 septembre 20h30. Tél : 01 48 33 16 16. Durée : 1h.


Exposition Lucinda Childs, Nothing personal 1963-1989.


CND Centre National de la Danse, du 24 septembre au 17 décembre 2016. Galerie Thaddaeus Ropac à Pantin. Du 24 septembre 2016 au 7 janvier 2017. Du mardi au samedi de 10h à 19h. Entrée libre.


Dance et Available Light. Lire nos critiques.


Également Trois Grandes Fugues avec le Ballet de l’Opéra de Lyon en tournée. Maison des Arts de Créteil avec Le Théâtre De La Ville, du mardi 29 novembre au samedi 3 décembre à 20h. Théâtre du Beauvaisis, mardi 6 décembre à 20h30, L’apostrophe, Théâtre Des Louvrais à Pontoise Jeudi 8 décembre 19h30 et vendredi 9 décembre à 20h30. Théâtre-Sénart, Scène Nationale, mardi 13 décembre à 20h30. Nanterre-Amandiers, Centre Dramatique National, du jeudi 15 au samedi 17 décembre. Durée 1h00.


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