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Avignon / 2024 - Entretien / Lisa Guez
Ivresse des mots, des saveurs et des sons : Sosthène, moraliste extraterrestre imaginé par Alexandre Tran, invite les spectateurs à retrouver dignité et espoir à grand renfort de vin naturel.
Qui est Sosthène ?
Lisa Guez : Un homme venu des étoiles pour faire boire du vin aux hommes afin de leur dessiller les yeux et leur éviter le mur ! Sosthène est un conteur rabelaisien et un moraliste, un personnage merveilleux à la Micromégas, habité par la nature, qui essaie de réenchanter le monde. Il arrive dans un bar pour redresser la colonne vertébrale affaissée des humains, d’où le titre du texte d’Alexandre Tran. Lorsque j’ai découvert ce long monologue, j’ai vite compris qu’il fallait faire boire et participer les spectateurs. Je les ai donc installés à table, un peu comme dans un cabaret : ils sont les clients du bar. Le tenancier est violoncelliste, le serveur saxophoniste. Sosthène arrive comme une comète et invite à déguster des vins en racontant ses visions. Le texte est à la fois critique et très drôle. Au fur et à mesure, Sosthène se dépouille de ce qu’on croit voir de lui. Il parle de son double terrien, lui-même dans le passé, le pire du pire des humains : on accède à son intimité en même temps que la vérité qu’il révèle permet sa rédemption.
Comment portez-vous le texte à la scène ?
L.G. : Le texte original est un monologue : j’en ai fait un trio. Jonathan Genet, qui joue Sosthène, a une aura particulière, un peu à la Tim Burton. Il y a beaucoup de prestance, de délicatesse et d’intensité dans son jeu et il a quelque chose d’aérien, de troublant. On croit immédiatement qu’il arrive des étoiles. Sacha Roy joue le serveur, relai du spectateur. Il est le double comique de Sosthène, sorte de disciple qui ne connaît rien à la vie, ce qui le rend très drôle. Sylvain Bernert est Olive, le tenancier posé et débonnaire, figure d’autorité qui ne parle pas mais existe par sa présence et son violoncelle. Ces trois comédiens représentent un homme à trois âges de sa vie.
Est-ce qu’on boit pendant le spectacle ?
L.G. : Oui ! Du vin naturel, sans sulfites, fabriqué à l’ancienne, fidèle au discours de Sosthène qui recommande de revenir à l’essentiel et de se méfier de la course à la technique. Le public déguste trois vins différents, selon l’énergie des textes, au début, au milieu et à la fin du spectacle. Mais on n’est pas obligé de boire : il y a aussi du jus de raisin !
Propos recueillis par Catherine Robert
à 19h50. Relâche le 16 juillet. Tél. : 04 90 82 20 47. Durée : 1h25.
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