La Terrasse

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Avignon - Gros Plan

Le Maître et Marguerite

Le Maître et Marguerite - Critique sortie Avignon / 2018 Avignon Avignon Off. Le 11 • Gilgamesh Belleville
©Antonia Bozzi Le Maître et Marguerite mis en scène par Igor Mendjisky.

Le 11 • Gilgamesh Belleville / d’après Mikhaïl Boulgakov / mes Igor Mendjisky

À la tête de sa compagnie Les Sans Cou, Igor Mendjisky adapte le chef d’œuvre de Mikhaïl Boulgakov, écrit entre 1928 et 1940.

Le foisonnement, la folie du Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov trouvent régulièrement des ambassadeurs parmi les artistes majeurs de la scène européenne. Directeur de la compagnie Les Sans Cou, Igor Mendjisky choisit un parti pris de brièveté. Sur le plateau – dans les rôles du poète Ivan et du directeur de théâtre Rimski – avec sept comédiens, il parvient à développer en deux heures à peine les trois fils narratifs principaux du livre sans perdre les spectateurs, installés dans un dispositif trifrontal. Le Diable alias Woland (excellent Romain Cottard, dont l’élégance égale l’effronterie) vient très clairement sur Terre pour y renverser l’ordre établi et faire vaciller les croyances. Le Christ (Yuriy Zavalnyouk, qui incarne aussi Azazello, l’émissaire du Diable auprès de Marguerite) s’entretient avec Pilate (Adrien Gamba Gontard) dans l’Évangile apocryphe imaginé par Le Maître (Marc Arnaud), qui forme avec Marguerite (Ester Van den Driessche, en alternance avec Marion Déjardin) un des couples mythiques de la littérature du XXème siècle.

Sur les cendres de l’Histoire

La grande clarté du récit, réduit à ses lignes saillantes, repose sur un habile fondu-enchaîné qui doit beaucoup à la qualité de l’interprétation. Grâce à un jeu de profondeur et à l’univers sonore et vidéo créé par Yannick Donet, les différentes strates du récit cohabitent sans entrer en conflit. Alors que Mikhaïl Boulgakov se plaît à entremêler sans cesse ses trois intrigues centrales, et à leur ajouter de multiples ramifications. Au lieu d’égarer le public, ce Maître et Marguerite le plonge dans un univers mi-réaliste mi-fantastique. Réputé pour ses créations issues d’une écriture de plateau – créé en 2011, J’ai couru comme dans un rêve a tourné jusqu’en 2017 –, Igor Mendjisky s’empare du cri de révolte de Boulgakov contre le régime soviétique.

Anaïs Heluin

A propos de l'événement

Le Maître et Marguerite
du Vendredi 6 juillet 2018 au Vendredi 27 juillet 2018
Avignon Off. Le 11 • Gilgamesh Belleville
11 bd Raspail, Avignon

à 19h40. Relâche les 11 et 18 juillet. Tel : 04 90 89 82 63. Durée : 1h50.


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