Théâtre - Critique

Le Dur désir de durer (après-demain, demain sera hier)

Le Théâtre Dromesko revient au Monfort avec Le Dur désir de durer. Crédit : DR

Le Monfort Théâtre / textes de Guillaume Durieux / conception et mes Igor et Lily

La troupe du Théâtre Dromesko se réinstalle, pour un peu plus de trois semaines, au sein de l’Espace chapiteau du Monfort. Igor, Lily, le grand marabout Charles et les figures d’une humanité bariolée signent un pur moment de métaphysique théâtrale.

C’était il y a deux ans. En janvier 2016. Les comédiens, danseurs, musiciens et animaux du Théâtre Dromesko nous enthousiasmaient avec leur Jour du grand jour*. Les revoilà tous, aujourd’hui, dans le même espace bi-frontal, sous le chapiteau du Monfort. Ils traversent le même plateau en forme de « couloir-labyrinthe » pour se remettre à sonder la matière de nos existences. « On pourrait parler d’une suite, confient Igor et Lily, qui ont fondé la célèbre compagnie au début des années 1990. Ou plutôt d’une suite en avant, une grande panique face aux lendemains qui déchantent, avec dans le dos les rengaines du passé et sous les pieds le vertige d’être encore là aujourd’hui. » Le Dur désir de durer (après-demain, demain sera hier) commence donc là où Le Jour du grand jour s’était interrompu. Avec l’envie de nous mener ailleurs, en continuant d’ouvrir le champ de nos troubles, de nos amusements, de nos questionnements… Des roulements de tambours commencent par résonner. Au loin. Tout d’abord incertains. Puis plus proches, plus précis, accompagnés d’une mélodie de fanfare mélancolique.

D’un rideau à l’autre : les joies et les ombres de la vie

C’est à ce moment qu’une vierge finit par apparaître. Sur un autel. En majesté : couronnée, décorée, entourée de cierges. La lente procession (qui se déplace à l’aide de plusieurs rangées de jambes sans bustes) franchit l’un des deux rideaux à franges par lequel entreront, tout au long du spectacle, les diverses figures d’une humanité hétéroclite. Un torero. Un médecin. Une danseuse en tutu. Une chanteuse de flamenco. Des mourants… Mais aussi des femmes et des hommes comme les autres, ballottés par les bourrasques des circonstances. Nous voilà, ainsi, partis en voyage. Un voyage enchanteur. D’un rideau à un autre, d’un avant à un après, s’ouvrent et se referment toutes sortes de parenthèses. Des bouts d’existences, d’expériences, d’épreuves qui donnent corps à des défilés de clins d’œil surréalistes et de rêveries poétiques. Tout cela sous le regard de quelques animaux. Un chien, un cochon, un poney. Sans oublier le grand marabout Charles, échassier emblématique de la troupe dont la présence tout à la fois grave, fantaisiste et majestueuse résume, à elle seule, le charme profond de ces escapades entre la vie et la mort.

 

Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

Le Dur désir de durer (après-demain, demain sera hier)
du Mardi 23 janvier 2018 au Samedi 17 février 2018
Le Monfort
106 rue Brancion, 75015 Paris.

Espace chapiteau. Dans le cadre de la programmation hors les murs du Théâtre de la Ville. Du 23 janvier au 17 février 2018. Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h. Relâches les lundis. Durée du spectacle : 1h25. Tél. : 01 56 08 33 88. www.lemonfort.fr


Egalement du 22 au 26 mai 2018 à la Scène nationale de Sète.


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