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"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Entretien

Le Centre Wallonie-Bruxelles au diapason du foisonnement artistique belge

Le Centre Wallonie-Bruxelles au diapason du foisonnement artistique belge - Critique sortie Théâtre Paris Centre Wallonie-Bruxelles
© Voyez-vous (Vinciane Lebrun) Stephanie Pecourt

Entretien Stéphanie Pécourt

Publié le 28 février 2019 - N° 274

Avec l’événement « L’Instant T – Les heures mêlées » les 4 et 5 avril 2019, Stéphanie Pécourt affirme le tournant qu’elle entend donner au Centre Wallonie-Bruxelles (CWB), dont elle vient de prendre la direction.

Après avoir dirigé pendant deux ans les Halles Saint-Géry, lieu dédié à la valorisation du patrimoine bruxellois, pourquoi avoir décidé de venir à Paris ?

Stéphanie Pécourt : Le Centre Wallonie-Bruxelles était depuis très longtemps pour moi un horizon rêvé. Ayant dirigé pendant treize ans, avant les Halles Saint-Géry, l’agence officielle de promotion internationale des arts de la scène de la Fédération Wallonie-Bruxelles, j’ai développé en France un réseau professionnel et institutionnel que je souhaite mettre à profit du Centre Wallonie-Bruxelles. Cela afin de renforcer le rayonnement de la création belge en France dans toute sa diversité. De son visage le plus officiel jusqu’au plus underground.

En quoi la création belge se distingue-t-elle selon vous de ses voisines européennes ?

S.P. : Je dirais que c’est justement par sa grande diversité, son hybridité. Par sa résistance à l’homogénéité, son ouverture à l’Autre, à l’iconoclasme que j’ai à cœur de faire connaître en France. Réunissant plus de 40 artistes de Bruxelles et Wallonie pour célébrer les 40 ans du Centre Wallonie-Bruxelles, « L’Instant T – Les heures mêlées » est un premier aperçu de ce beau syncrétisme. Et une forme de manifeste du travail que je commence à mettre en œuvre avec mon équipe, au service de la jeunesse, du foisonnement et de la liberté de la création belge, qui sont très réconfortants en ces temps de repli identitaire. Cela en partenariat avec de nombreux lieux parisiens dont la saison dévoilera les noms.

« Je souhaite renforcer le rayonnement de la création belge en France dans toute sa diversité. De son visage le plus officiel jusqu’au plus underground. »

Comment votre saison rendra-t-elle compte de ce foisonnement ?

S.P. : Je souhaite rythmer la saison par des événements qui permettent d’appréhender l’actualité de la scène artistique belge. Pour commencer, nous célébreront le retour à Bruxelles de l’excellent festival international de performances Trouble porté par Antoine Pickels lorsqu’il était aux Halles de Schaerbeek. J’offrirai régulièrement des cartes blanches à des programmateurs belges, à commencer par Antoine Pickels – directeur artistique de Trouble, notamment –, afin de multiplier les regards pointus sur le champ de création qui nous intéresse. Nous poursuivons aussi le festival Francophonie Métissée, emblématique du CWB. Et je reprends le forum Nova XX, dédié à l’innovation technologique, scientifique et artistique en mode féminin et à l’aune de la Quatrième révolution industrielle/4.0.

Quelques exemples des gestes artistiques que l’on pourra découvrir à l’occasion de l’un ou l’autre de ces événements ?

S.P. : Si je dois n’en citer que quelques-uns, je commencerais par La voix humaine de Jean Cocteau (13 et 14 mars) mis en scène par Salvatore Calacagno, que je considère comme l’une des belles signatures montantes de notre scène théâtrale. J’aime beaucoup aussi le travail de la jeune Eline Schumacher, dont La ville des zizis (14 et 15 mai) est une autofiction colorée autour de la figure de son père. Ce qui fait penser aussi à Lost in Ballets russes (21 et 22 mai), où Lara Barsacq rend hommage au sien à travers une danse-rite qui transcende le temps. Il y aura encore I-Clit, où Mercedes Dassy questionne les liens entre féminisme et pop culture, avec la complicité du Palais de Tokyo. Quatre propositions très différentes, qui donnent une idée de la dimension kaléidoscopique de la scène belge.

Propos recueillis par Anaïs Heluin

A propos de l'événement

Le Centre Wallonie-Bruxelles au diapason du foisonnement artistique belge
du Jeudi 4 avril 2019 au Vendredi 5 avril 2019
Centre Wallonie-Bruxelles
127-129 rue Saint-Martin, 75004 Paris

Tel : 01 53 01 96 96. www.cwb.fr


Programmation soutenue par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Ministre de la Promotion de Bruxelles – Fédération Wallonie-Bruxelles, le Ministre Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Wallonie-Bruxelles International.


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