La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Entretien

La peste c’est Camus mais la grippe est-ce Pagnol, Conception Jean-Christophe Meurisse, Les Chiens de Navarre

La peste c’est Camus mais la grippe est-ce Pagnol, Conception Jean-Christophe Meurisse, Les Chiens de Navarre - Critique sortie Théâtre Paris Théâtre des Bouffes du Nord
Jean-Christophe Meurisse, metteur en scène des Chiens de Navarre CR : Philippe Lebruman

Conception Jean-Christophe Meurisse / Les Chiens de Navarre

Publié le 2 octobre 2020 - N° 287

Les Chiens de Navarre sont de retour, au grand complet, dans l’exercice qui a fondé leur succès, celui d’une improvisation ici poussée au maximum.

En quoi consistera ce nouveau spectacle ?

Jean-Christophe Meurisse  : C’est simple, tout va être improvisé. On devait faire un festival des Chiens de Navarre avec d’anciens spectacles de la compagnie au Rond-Point, qui a été annulé. Alors, comme toutes et tous, anciens et nouveaux de la compagnie, étaient disponibles, nous avons décidé de nous lancer dans cette aventure.

Vous arriverez sur scène sans avoir rien préparé  ?

J.-C. M.  : Exactement. C’est un exercice qu’on a déjà réalisé par le passé, une dizaine de fois sur scène, au festival Actoral, à Toulouse et au Rond-Point notamment. Sur les 28 comédiens qui ont fait l’histoire de la compagnie, une quinzaine, différents chaque soir, seront présents sur scène. Il y aura une table au milieu, autour de laquelle ils seront 5 ou 6, les autres restant à vue, puis cela tournera. Nous arriverons comme pour une lecture, feuilles en main. Et petit à petit, les spectateurs s’apercevront que ce qu’on raconte est en fait totalement improvisé.

Vous ne déciderez vraiment de rien avant  ?

J.-C. M. : Nous nous retrouverons une heure avant pour boire un coup et causer un peu comme on cause avant d’aller au spectacle. Mais on s’en dira le moins possible. Il n’y aura pas de mise en scène, pas de thématique. Notre seule trame, c’est de faire semblant de lire un texte. Ça va être hirsute et foutraque, sans fondation. Et c’est ça qui pourra être jubilatoire.

« On espère que ce sera joyeux et explosif comme il faut. »

C’est un exercice dangereux  ?

J.-C. M. : C’est sûr. Dans ce genre de circonstances, il y a même des spectateurs qui nous disent qu’ils ont peur pour nous. Il y aura ce qui marche et ce qui ne marche pas. Ce dispositif va créer du jeu entre les comédiens. Les sujets, les formes et ruptures vont s’inventer sous nos yeux. Ça vaudra de l’or de voir le courage de s’abandonner dont les comédiennes et comédiens devront faire preuve. Et puis on espère aussi que ce sera joyeux et explosif comme il faut.

Ce sera un antidote à l’atmosphère actuelle  ?

J.-C. M. : On a besoin d’un truc cathartique en ce moment. On en a ras la casquette de cette période. Le rire n’a pas bonne presse dans notre culture, c’est le démon. Mais avec les Chiens, on a toujours fait en sorte qu’il véhicule du fond, et aussi quelque chose de mélancolique. Malgré la popularité et la présence médiatique, on sent toujours qu’il faudrait qu’on soit plus dans le sérieux du théâtre public. Et bien là, ça sera bête et ça sera bête jusqu’au bout.

Un mot sur le titre du spectacle  ?

J.-C. M. : On hésitait avec Au bal masqué, ohé, ohé. C’est un bon vieux jeu de mots bien ringard qui rappelle qu’on aime bien jouer aussi avec le mauvais goût.

Propos recueillis par Eric Demey

A propos de l'événement

La peste c'est Camus mais la grippe est-ce Pagnol, Conception Jean-Christophe Meurisse, Les Chiens de Navarre
du Vendredi 16 octobre 2020 au Samedi 24 octobre 2020
Théâtre des Bouffes du Nord
37 bis Boulevard de la Chapelle, 75010 Paris

du mardi au vendredi à 20h30, le samedi à 16h et 20h30, le dimanche à 16h. Tel  : 01 46 07 34 50. Durée : 1h.


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