Une forêt en bois… construire de Fred Parison, mes Estelle Charles
Estelle Charles et Fred Parison ont érigé [...]
Tommy Milliot poursuit sa recherche théâtrale autour de l’espace vide avec La Brèche de Naomi Wallace. La tragédie de quatre adolescents dont les jeux font écho à l’Histoire.
Qu’elle remonte à la Grande Peste de Londres, en 1665 (Une puce, épargnez-la, inscrite en 2009 au répertoire de la Comédie-Française), qu’elle se plonge dans l’Alabama des années 30 (Les Heures sèches) ou dans le quotidien d’une petite ville quelconque des États-Unis pendant la Grande Dépression (Au pont de Pope-Lick), Naomi Wallace dessine une cartographie sensible des violences sociales et politiques qui pèsent sur l’Amérique et plus largement sur le monde. Entre fiction et réalité, elle utilise l’Histoire comme révélateur des troubles du présent. Construite selon un aller-retour entre deux époques – 1977 et 1991 –, La Brèche fait le portrait d’une jeunesse en souffrance, et déploie la tragédie. « Quelque part dans la banlieue d’une ville à moitié oubliée dans un possible Kentucky », que Tommy Milliot, fondateur de la compagnie Man Haast, représente grâce à un subtil travail autour de l’espace vide.
Jeux d’ados
Comme dans sa mise en scène de Lotissement (2014) de Frédéric Vossier, spectacle lauréat du prix Impatience 2016, Tommy Milliot met l’acteur au centre d’un plateau nu ou presque. Dessiné par la minutieuse création lumière de Sarah Marcotte, traversé par la composition sonore d’Adrien Kanter, l’espace de jeu permet aux sept comédiens (Lena Garrel, Matthias Hejnar, Pierre Hurel, Dylan Maréchal, Aude Rouanet, Edouard Sibé et Alexandre Schorderet) de faire résonner pleinement la langue crue, hérissée de piques, de Naomi Wallace. Incarnant un groupe de quatre jeunes aux origines sociales diverses, ils sont traversés par la question du pouvoir. De manière fragmentaire, les mots disent souvent beaucoup plus qu’il n’y paraît. Si les mots blessent, c’est souvent pour cacher des choses qu’une pudeur et une maladresse adolescente empêchent d’exprimer : la peur, l’amour ou encore le désespoir.
Anaïs Heluin
à 22h, relâche le 20. Durée estimée : 2h20. Tél : 04 90 14 14 14.
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L’altérité, la réussite, la quête d’un [...]