La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Entretien

Jacques Vincey met en scène « Les Serpents » de Marie NDiaye

Jacques Vincey met en scène « Les Serpents » de Marie NDiaye - Critique sortie Théâtre Tours CDN de Tours – Théâtre Olympia
Le metteur en scène Jacques Vincey Crédit : Marie Petry

de Marie NDiaye / mes Jacques Vincey

Publié le 13 juillet 2020 - N° 286

Monstre, canicule et palabres : Jacques Vincey réunit Hélène Alexandridis, Bénédicte Cerutti et Tiphaine Raffier pour sonder les abysses de l’âme humaine que Marie NDiaye révèle de sa plume acérée.

« Après Madame de Sade, Les Bonnes et Und, j’avais le désir de retrouver une distribution féminine. Je lisais, je cherchais… Et j’ai croisé Stanislas Nordey à Avignon qui a exploré la bibliothèque qu’il a dans la tête et m’a conseillé de lire Les Serpents. J’ai eu immédiatement un coup de cœur comme on en a rarement. J’ai ressenti un choc et l’intuition d’être face à quelque chose de très sensible, très profond, très mystérieux, comme un gouffre dans lequel on a envie d’aller voir ce qui s’y trame et ce que ça charrie… Découvrant ainsi l’écriture de Marie NDiaye, j’ai plongé dans son œuvre romanesque. J’y ai retrouvé cette écriture très délicate, très fine, dont l’aspect fantastique n’est pas évident d’emblée et qui laisse entrevoir la menace d’une brutalité très grande. Dans Les Serpents, elle se situe entre trois femmes, réunies autour d’un homme absent qui va se charger, à mesure qu’on parle de lui – vrai ou pas vrai – d’une dimension débordant le normal, le réel, l’admissible.

Pour qui sont ces serpents ?

Marie NDiaye nous maintient littéralement sur le seuil : on est tenu en haleine, devant cette maison à l’intérieur de laquelle ce qui se passe est affaire d’imaginaire et de croyance. Les personnages sont saisis entre la nécessité du lien et l’obligation de devoir le trancher pour survivre. La question de ce qui nous relie, entre nécessité et horreur, traverse l’œuvre de Marie NDiaye : les liens filiaux et amoureux nous sont nécessaires mais sont aussi potentiellement vénéneux comme des serpents. Pour les incarner, j’ai eu la chance que les trois actrices avec lesquelles je désirais travailler soient libres et disponibles. C’est une pièce de femme sur des femmes, presque un matriarcat. Trois femmes puissantes qui arrivent à se créer un monde autonome. Hélène Alexandridis, Bénédicte Cerutti et Tiphaine Raffier sont très différentes mais ont en commun une présence consistante immédiate, doublée d’une part de mystère qui permet d’imaginer autre chose que ce qu’elles disent et ce qu’elles sont. Ces trois actrices ont la capacité de nous renvoyer à nos propres histoires, sensibilités, phobies et cauchemars : elles sont donc idéales pour cette pièce dont c’est l’objet ! »

 

Catherine Robert

A propos de l'événement

Les Serpents
du Mardi 29 septembre 2020 au Jeudi 8 octobre 2020
CDN de Tours – Théâtre Olympia
7, rue de Lucé, 37000 Tours.

Mardi et mercredi à 20h ; lundi et jeudi à 19h ; samedi à 16h. Tél. : 02 47 64 50 50. Tournée : Théâtre de la Cité, à Toulouse, du 13 au 16 octobre ; CDN Besançon Franche-Comté, du 17 au 19 novembre ; TNS du 25 novembre au 4 décembre ; TQI du 11 au 13 décembre ; Théâtre du Rond-Point, du 2 au 26 février et TnBA du 16 au 19 mars 2021.


x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur le Théâtre

Inscrivez-vous à la newsletter

x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur le Théâtre