Questionner le corps collectif
Créée par Michel Caserta, La Briqueterie est [...]
En 2011, Claire Bardainne et Adrien Mondot fondent leur compagnie, Adrien M / Claire B. Les technologies en sont parties prenantes, mais l’humain en reste le cœur.
Vous utilisez les nouvelles technologies depuis toujours…
Adrien Mondot : J’ai toujours été passionné par elles. Je devais faire de mes études un métier (un Master 2 de recherche sur vision et robotique). Or, je me suis tourné vers la scène, tout en prenant conscience du vaste champ de recherche des technologies, où le numérique ouvre un champ très vaste pour l’imaginaire. Le théâtre est l’espace du symbolique, le numérique est adapté au plateau. Je suis jongleur à la base, avec Claire Bardainne, nous envisageons le mouvement par rapport à des objets virtuels, parce qu’ils peuvent augmenter la sensation de mouvement.
Depuis Cinématique, en 2010, jusqu’au spectacle Le Mouvement de l’air, en 2015, comment mariez-vous le numérique à la danse ?
A. M. : Le numérique et la danse ne pourraient pas exister l’un sans l’autre. L’environnement digital a pour seul but la danse. Ce qui naît préalablement, ce sont les outils. Notre souhait le plus cher est de garder le spectacle vivant bien vivant, nous ne sommes pas du tout dans des principes automatiques, et nous écrivons à partir d’improvisations. Nous utilisons des capteurs ou des tablettes graphiques, qui déplacent les objets, jouant avec eux comme un chef d’orchestre.
Vous naviguez entre pièces de danse, installations et conférences dansées, par exemple avec Un point c’est tout (2011). Les technologies sont-elles maniées différemment selon les types de projets ?
A. M. : Ce qui nous anime, c’est de montrer comment le juste mouvement d’un point peut transmettre l’émotion. Par exemple, que l’on se dise : « ce pixel a peur ». Ce n’est pas sa forme graphique, mais la puissance d’évocation de son mouvement qui évoque la peur. Un point c’est tout explique notre travail. Nos expositions sont issues des précédents spectacles. Quant au solo Hakanaï, il est né d’une de nos installations. Nos différents projets sont des facettes de notre recherche, qui associe réel et virtuel, et relie le numérique et l’art vivant – jonglage, danse ou musique.
Propos recueillis par Bérengère Alfort