La Terrasse

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Former des citoyens créateurs

Former des citoyens créateurs - Critique sortie
© D. R.

Publié le 10 octobre 2009

Auteur, comédien, metteur en scène, Anton Kouznetsov est un homme de théâtre complet. En les aidant à ce que le théâtre rentre dans leur vie sous une forme toujours susceptible de se modifier, c’est aussi ce qu’il voudrait que deviennent ses élèves de l’Académie, école supérieure professionnelle de théâtre du Limousin.

En trois ans d’école, pour vos élèves, qu’est-ce qui  va changer ?
Anton Kouznetsov :
Pendant les trois années de l’Académie, les élèves devront confirmer leur choix initial de faire du théâtre et transformer ce choix en chemin. On leur apporte les outils techniques et esthétiques qui les aideront à avancer dans le métier mais surtout on cherche à leur apprendre à apprendre. Au théâtre, on apprend tout le temps, et il faut pouvoir se remettre en cause sans être trop déstabilisé. Après trois années d’école, les élèves devront être capables d’apprendre à voyager d’un théâtre à un autre, entre les répertoires, et à devenir de vrais partenaires de la création. Pas seulement des acteurs mais des collaborateurs de chaque projet artistique.

Par quel enseignement cela passe-t-il ?
A.K :
A l’Académie, la dimension collective est essentielle. Le groupe vit ensemble pendant trois ans dans un grand bâtiment à l’écart de Limoges. Les élèves sont autonomes, font eux-mêmes la cuisine le midi, ils apprennent la vie de troupe et sont au contact de tous les métiers du théâtre. Par ailleurs, avec le Théâtre de l’Union, ils ont accès aux spectacles, aux costumes et aux accessoires, à toutes les ressources d’un CDN. On cherche en fait à leur faire toucher à toutes les dimensions du métier : le jeu, bien sûr, mais aussi la mise en scène, l’écriture, etc. Et comme dans toutes les écoles supérieures, leur diplôme de comédien se double d’une licence de Lettres à l’Université de Limoges. 

« Les élèves devront être capables d’apprendre à voyager d’un théâtre à un autre. »

Vous privilégiez un côté touche-à-tout ?
A.K :
On forme des acteurs pour le théâtre de demain, dont on ne sait pas ce qu’il sera. Chaque élève rentre avec une idée du théâtre qu’il veut faire et il faut lui apprendre à voyager entre plusieurs formes. De plus, certains élèves deviendront comédiens, d’autres metteurs en scène, d’autres auteurs. On leur apprend à devenir autonomes. L’essentiel est de considérer l’enseignement comme un véritable dialogue entre professeurs et élèves, qui va dans les deux sens. Sinon, on est à la fac, dans le mauvais sens du terme. 

Quelles qualités attendez-vous des élèves ?
A.K :
Un acteur, ça ne se fabrique pas. On cherche des  personnalités avec de fortes capacités de compassion, de partage des émotions, et  on attend des jeunes gens une manière de créer ensemble une autre réalité. Parce que toute forme de théâtre est un engagement politique, au sens citoyen du terme, et, plus que des acteurs, nous voulons former des citoyens créateurs, actifs et sensibles par rapport au monde dans lequel ils vivent.
Propos recueillis par Eric Demey

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