La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Avignon - Entretien / Mylène Benoit

Georges

Georges - Critique sortie Avignon / 2018 Avignon Festival d'Avignon. Sujets à Vif. Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph
Mylène Benoit Crédit : Elisabeth Le Coënt

Entretien Mylène Benoit
Jardin de la Vierge du lycée Saint-Joseph / Chor. Mylène Benoit et Julika Mayer

Publié le 22 juin 2018 - N° 267

La chorégraphe Mylène Benoit et la marionnettiste Julika Mayer s’associent pour créer Georges, un Sujet à Vif qui traite de la relation entre vivants et morts.

« Georges pose la question de l’animé et de l’inanimé. »

Comment avez-vous travaillé avec Julika Mayer pour ce Sujet à Vif ?

Mylène Benoit : Lorsque Julika et moi nous sommes rencontrées, elle est arrivée avec un ouvrage de Patti Smith et moi avec Au bonheur des morts de Vinciane Despret. Après avoir un peu échangé, nous avons décidé de nous emparer de ce dernier, qui traite de la relation entre vivants et morts. En travaillant de façon très intuitive, nous avons cherché le lien entre Patti Smith et Au bonheur des morts. Nous avons découvert un article dans Le Monde Magazine intitulé Les fantômes de Patti Smith, qui parle de la relation de la chanteuse à « ses morts ». Elle y déclare : « Le rock pur, c’est un concentré des énergies de l’esprit, du cœur et de la rate ». Cette allusion à l’esprit et au corps contenus dans la musique nous a frappées et nous avons décidé d’intégrer du rock dans Georges, comme une façon d’y insuffler ces énergies-là.

Comment traitez-vous de cette thématique ?

M. B. : L’axe principal de notre travail pourrait se résumer par une citation d’Au bonheur des morts, où Vinciane Despret parle de « ce que les morts nous font faire et ce que nous faisons faire aux morts ». Il m’a semblé, à la lecture du livre, que « ce que les morts nous font faire » ressemble très souvent à des dispositifs qui pourraient avoir été pensés par des artistes. Prenons l’exemple de cette femme dont parle la philosophe qui, quand sa grand-mère meurt, décide de porter ses chaussures pour qu’elle continue à arpenter le monde. Il est intéressant de voir comment les morts engendrent de la créativité chez les vivants. Au décès de son chat, Agnès Varda a conçu pour lui une sorte d’autel. Elle dit qu’elle voulait lui dédier une fête visuelle. Georges est pensé comme une fête. Pour la pièce, Julika a eu cette très belle intuition d’écrire à des marionnettistes pour leur demander de nous prêter des marionnettes « à la retraite, en pause ou restées à l’état de prototype». Nous avons ainsi collecté une petite communauté de corps. Georges pose la question de l’animé et de l’inanimé, de la relation entre vivants et morts, de l’animation comme une façon de donner une âme et de construire l’expérience de la présence.

 

Propos recueillis par Delphine Baffour

A propos de l'événement

Georges
du Mercredi 18 juillet 2018 au Mardi 24 juillet 2018
Festival d'Avignon. Sujets à Vif. Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph
62 rue des Lices, Avignon

à 11h. Relâche le 21. Tél. 04 90 14 14 14. Durée comprenant l'autre pièce du programme C, Le bruit de l'herbe qui pousse : 1h20.


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