Pierre Maillet met en scène «Edith Beale au Reno Sweeney», un univers de cabaret théâtral sans cadre et sans limite
Arpentant les chemins d’un humour déjanté, à [...]
Comment l’État de droit résiste-t-il aux tentations dictatoriales ? S’inspirant du procès de Riom intenté par Pétain, François Hien mélange passé et temps actuel dans une fiction politique et romanesque à la fois.
« Le procès de Jeanne Bloch se situe à la croisée d’influences historiques et contemporaines. Jeanne Bloch est un personnage complètement imaginaire mais l’écriture du texte a été initiée à partir du procès de Riom. J’en ai lu les minutes et c’est complètement fascinant. Il s’agit d’un procès voulu par Pétain, qui commença le 19 février 1942, afin de désigner les responsables de la défaite française. Il visait la 3ème République, pas les militaires, et le Front Populaire avec ses lois sociales supposées avoir affaibli la France. Daladier et Blum y furent déférés. Une loi spéciale édictée pour lui donner une apparence légale. Les juges choisis parmi de bons vichystes. Mais le procès a quand même déraillé. Il s’est retourné contre l’accusation, si bien que le Ministère a ordonné son interruption le 15 avril 1942. Malgré la tentation dictatoriale, l’État de droit s’est maintenu. Et c’est cela que je souhaite raconter.
L’air du temps actuel
Ancré historiquement, Le Procès de Jeanne Bloch est pourtant une vraie pièce de fiction, plutôt romanesque, dont la matière première est l’air du temps actuel. Le personnage de Jeanne Bloch est celui d’une femme d’aujourd’hui, discréditée parce que, pour gouverner, en tant que Première Ministre, elle a dû trouver des compromis. Elle a également une histoire personnelle, avec un rapport particulier à son enfant. On peut tisser de nombreux liens avec le paysage politique contemporain mais je n’ai pas voulu pour autant faire une pièce à clés. Bien davantage, une fresque contemporaine croisant une histoire intime, pour se demander comment agir dans des périodes troubles comme celle-ci. Cinq comédiens y interprètent une galerie de personnages dans une scénographie légère. C’est une pièce d’acteurs où passent les ombres d’Orban, Trump, Macron… »
Propos recueillis par Eric Demey
à 20h, le samedi à 18h. Tel : 01 53 35 50 00.
Arpentant les chemins d’un humour déjanté, à [...]
Après une adaptation des Misérables en 2024, [...]
Après Pinocchio (live), cette nouvelle [...]