La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -139-Les Pays de la Loire en Avignon Entre Loire et Rhône, au confluent des talents

The great Disaster Le fantôme errant de l’exclusion.

The great Disaster

Le fantôme errant de l’exclusion. - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 juin 2006 - N° 139

La Compagnie Gens Pluriels porte à la scène The great Disaster,
monologue de Patrick Kermann, écrivain trop tôt disparu. Un soliloque joué par
Jacques Gouin, entouré d’un graphiste penché sur l’illustration simultanée des
rêves du héros, et d’un pianiste interprétant Bach. Une belle aventure de
plateau.

Jacques Gouin, metteur en scène et interprète, réalise un rêve en montant
The great Disaster
, l’un des premiers textes de Patrick Kermann qui s’est
donné la mort en 2000 et dont l’?uvre est marquée par une fascination pour le
néant. « C’est l’histoire de Giovanni Pastore qui vit dans les montagnes du
Frioul à la fin du 19ème siècle. Aucun travail en Italie : l’exode est
vital pour tous les jeunes gens qui rêvent de l’Eldorado. Giovanni partira aux
States en train car une malédiction familiale veut que jamais il n?aille sur
l’eau. Et c’est avec le conseil maternel d’aller là où bon lui semble qu’il
prend la route et le train? »
, explique Jacques Gouin. Le
personnage raconte son errance, ses rencontres et ses premières désillusions sur
les terres de L’Eldorado.

Une critique acerbe des exclusions sociales répétitives

La désertification, les villages abandonnés et le désir de revenir à Gênes ;
mais le billet est trop onéreux. Giovanni choisit alors de se rendre dans les
marais salants d’Aigues-Mortes, mais les Français ne supportent plus les
étrangers qui prennent leur travail’ Le saisonnier remonte vers Lyon à l’époque
où le Président Sadi Carnot est assassiné? Giovanni plie bagages pour rejoindre
l’Italie ; il passe par la Suisse, travaille en Allemagne. Le voilà rejoignant
Cherbourg d’où part un paquebot pour l’Amérique. Il s’y engage, embauché au noir
comme laveur de petites cuillères. Mais le 14 novembre 1912, le bateau coule :
c’est le Titanic. Le naufragé décide de rester à bord car l’Eldorado n?existe
pas. Ni vivant ni mort, il n?est pas répertorié sur les listes officielles des
disparus : « Giovanni choisit de disparaître ; il reste au fond du bateau
dans l’entre-deux de la vie et de la mort. Telle est la condition de l’émigrant.
Un fantôme qui ressasse sa vie?
 » La pièce, dont le titre est aussi
Tragédie maritime pour 2201 personnages et 3177 petites cuillères
, est à la
fois une vision métaphysique de fin du monde et une critique acerbe des
exclusions sociales répétitives.

Véronique Hotte

The great Disaster, de Patrick Kermann ; mise en scène de Jacques Gouin.
Du 6 au 27 juillet à 17h40, au Grenier à Sel.

A propos de l'événement



Les Pays de Loire en Avignon


Deux lieux pour les spectacles :


Le Grenier à sel


2, rue du Rempart Saint-Lazare, 84000 Avignon


Le chapiteau de l?Ile Piot


Réservations au 04 90 27 09 11

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