La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -139-Les Pays de la Loire en Avignon Entre Loire et Rhône, au confluent des talents

Entretien : Virginie Fouchault La Confusion des sentiments : l’ambivalence de l’âme humaine.

Entretien : Virginie Fouchault

La Confusion des sentiments : l’ambivalence de l’âme humaine. - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 juin 2006 - N° 139

« Tout y est vrai, il n’y a que l’essentiel qui y fasse défaut. » :
c’est ainsi que Roland, vieil universitaire, regarde la biographie rédigée par
ses élèves. L’essentiel fut sa rencontre, alors qu?il était étudiant, avec un
professeur qu?il admira sans mesure. Stefan Zweig plonge au c’ur de cette
relation trouble et passionnelle, où se révèle l’ambivalence de l’âme humaine.


Pourquoi avoir choisi ce texte ?

Virginie Fouchault : Zweig parvient à saisir la complexité de
l’humain avec une sensibilité et une justesse stupéfiantes, comme s’il
connaissait les moindres replis de l’âme, comme s’il parvenait à se glisser dans
l’intériorité de ses personnages. Cette écriture, très organique, suit l’élan
des sentiments et des émotions qui submergent les êtres. Elle touche des
endroits très intimes, très enfouis. Dans La Confusion des sentiments, je
me suis reconnue, comme beaucoup d’autres, dans la figure du jeune homme,
fasciné par le professeur et pris dans une relation trouble où se mêlent la soif
de savoir, l’amour et le transfert.

Comment avez-vous réalisé l’adaptation de ce récit écrit à la première
personne ?

V.F. : Pour donner au texte une théâtralité, nous avons dédoublé le
personnage du narrateur, incarné par deux comédiens. Le vieil universitaire
convoque ainsi les figures du passé : lui-même, quand il était jeune élève, le
professeur et sa femme. Il s’adresse à eux et revit la situation avec la
distance creusée par le temps et la maturité. Les quatre acteurs restent
toujours présents sur le plateau, architecturé par une scénographie qui permet
de circuler entre les espaces, intérieurs ou extérieurs. Les héros de Zweig sont
envahis et dépassés par ce qu’ils ressentent, et ne peuvent penser leurs
émotions qu’après coup. Ce qui renvoie d’ailleurs au piège qui guette le
comédien lorsqu’il se laisse déborder par les sentiments. Pour trouver la
justesse, il doit garder ses distances avec le rôle. Les années comme la
représentation introduisent la distance nécessaire pour se ressaisir du vécu.

« Cette écriture, très organique, suit l’élan des sentiments et
des émotions qui submergent les êtres. »

Pourquoi insérer un extrait des Lettres à un jeune poète, de Rilke,
qui défend la nécessaire liberté de l’artiste face à la critique ?

V.F. : Pour soulever certaines interrogations quant au fonctionnement
actuel du dispositif culturel. De plus en plus, l’institution, de par les règles
qu’elle fixe aux compagnies pour l’attribution des subventions, règle le tempo
de la création. Or chaque artiste a son rythme d’inspiration et de travail.
D’autre part, il me semble important de renouer le lien entre le goût du public,
l’institution et l’artistique.

Propos recueillis par Gwénola David

La Confusion des sentiments, d’après Stefan Zweig ; mise en scène de
Virginie Fouchault. Du 6 au 27 juillet à 19h55, au Grenier à Sel.

A propos de l'événement



Les Pays de Loire en Avignon


Deux lieux pour les spectacles :


Le Grenier à sel


2, rue du Rempart Saint-Lazare, 84000 Avignon


Le chapiteau de l?Ile Piot


Réservations au 04 90 27 09 11

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