La Terrasse

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SOPHIE LECARPENTIER

SOPHIE LECARPENTIER - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 octobre 2010

LE FOL ESPOIR DE LA JEUNESSE

EN RELIANT D’UN SEUL ELAN LE BARBIER DE SEVILLE, LE MARIAGE DE FIGARO ET LA MERE COUPABLE DE BEAUMARCHAIS, SOPHIE LECARPENTIER ET SES COMPLICES COMPOSENT UN « ROMAN THEATRAL » QUI REVELE L’INELUCTABLE USURE DES ENTHOUSIASMES DE JEUNESSE.

« On suit le destin de ces êtres sur vingt-trois ans, on les regarde vieillir… » Sophie Lecarpentier
 
Pourquoi vous lancer dans l’aventure de ces trois « folles journées » ?
Sophie Lecarpentier : Je mûrissais depuis longtemps le projet de cette trilogie, qui fut déjà le sujet de mes recherches universitaires. Présenter ces trois pièces ensemble trame une continuité dans le parcours des personnages et leur apporte un éclairage différent. Le Barbier de Séville semble broder une franche comédie sur un canevas italien. Le mariage de Figaro se déroule trois ans plus tard et glisse l’ombre d’un drame sous la gaîté légère. La mère coupable, qui retrouve vingt ans après les deux couples installés à Paris, prend une tonalité plus sombre et teinte les deux premières pièces d’une mélancolie terrible. On suit le destin de ces êtres sur vingt-trois ans, on les regarde vieillir, les utopies et les enthousiasmes de la jeunesse se fanant peu à peu en une résignation lucide. On voit rarement le temps qui passe au théâtre…
 
Dans votre précédente mise en scène, vous avez expérimenté un mode de travail collectif avec les comédiens. Quel est votre processus pour cette trilogie ?
S. L. : Une grande connivence nous unit, ce qui permet à chacun d’apporter sa vision et d’oser des propositions en répétition. Nous travaillons à partir d’une première adaptation, qui, resserrée sur les personnages principaux, révèle aussi l’évolution de l’écriture de Beaumarchais. Les comédiens sont partie prenante dans le travail : ils tissent les liens entre les pièces et dessinent leur cheminement dans l’ensemble. Du coup, ils appréhendent leurs personnages sur la durée d’une vie et peuvent intervenir dans la construction du récit commun.

Propos recueillis par Gwenola David


Trois folles journées, d’après Beaumarchais,
adaptation de Sophie Lecarpentier et Frédéric Cherboeuf, mise en scène de Sophie Lecarpentier,
du 13 au 26 janvier 2011.

A propos de l'événement


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