La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -172-sete

Rodolphe Burger

Rodolphe Burger - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 novembre 2009

Carte blanche et rock

Pour sa saison 2009-2010, Sète donnera carte blanche à Rodolphe Burger, acteur multi-facettes de la scène rock underground depuis la fin des années 80 et la naissance de son passionnant combo Kat Onoma.

Comment avez-vous préparé cette carte blanche ?
Rodolphe Burger : On a beaucoup parlé avec Yvon Tranchant. Il souhaitait qu’il y ait quelque chose qui présente ce que je fais en ce moment. D’où le concert d’ouverture avec mon groupe et les dessinateurs Dupuy et Berberian. C’est une création qui a eu lieu à Angoulême à leur initiative. J’avais envie de leur proposer de le refaire avec Erik Truffaz en invité. C’est un gars étonnant : j’ai déjà souvent joué avec lui et je me suis rendu compte que sous le jazzman se cachait un rockeur.
 
Vous jouez et les dessinateurs improvisent ?
R. B. : C’est un dispositif surprenant parce qu’eux-mêmes dessinent à deux, ce qui est déjà très singulier. Ils sont de part et d’autre de la scène et le dessin qu’ils produisent est projeté à l’écran. Ils ne font qu’un dessin par morceau, donc nous sommes exactement dans la même dynamique. Il y aura une part d’improvisation mais, sur chaque morceau, ils auront auparavant imaginé certains thèmes.
 
« Quelque chose qui présente ce que je fais en ce moment. »
 
Vous travaillez déjà aux autres dates ?
R. B. : En mars, c’est l’hommage au poète palestinien Mahmoud Darwich, quelque chose que j’avais très envie de réaliser depuis longtemps. Le projet est né il y a trois ans à l’initiative d’Elias Sanbar, écrivain et traducteur de Darwich. Il avait découvert chez Jean-Luc Godard le disque Cantique des cantiques que j’ai fait avec Alain Bashung. Ça lui a fait penser à un texte qu’il avait traduit et qui est une réponse arabe au Cantique des cantiques. Nous nous étions rencontrés avec l’idée de mettre en miroir les deux textes, mais ça ne s’était pas fait. Depuis Mahmoud Darwich est mort et le but est d’aboutir cette idée qui était restée en souffrance.
 
En mai, aura lieu Le Velvet de Rodolphe Burger. Référence au Velvet Underground ?
R. B. : Bien sûr ! C’est à la fois une coïncidence et une envie d’Yvon Tranchant, presque un fantasme. Le Velvet a énormément compté pour moi, mais je ne leur avais jamais rendu d’hommage explicite. J’en ai esquissé un à Prague dans un théâtre qui était le lieu de rendez-vous des dissidents à l’époque, l’Acropolis. Le Velvet était curieusement une sorte de signe de ralliement entre tous ces gens : l’une des premières choses que Václav Havel a faites quand il est arrivé au pouvoir, ce fut d’inviter Lou Reed. J’ai réécouté des enregistrements et je veux à présent vraiment assumer cet hommage, travailler à fond le répertoire du Velvet.
 
Propos recueillis par Mathieu Durand


 

27 novembre 2009, 12 mars et 18 mai 2010 à 20h30. Théâtre Molière.

A propos de l'événement


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