La Terrasse

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Focus -346-Au TKM Théâtre Kléber Méleau à Lausanne, le théâtre est un art collectif dédié à la collectivité

Robert Sandoz transpose « Dom Juan » au Mexique, un homme moderne dans un univers baroque

Robert Sandoz transpose « Dom Juan » au Mexique, un homme moderne dans un univers baroque - Critique sortie  Renens-Malley Suisse. TKM - Théâtre Kléber-Méleau
Le metteur en scène Robert Sandoz. Crédit : Guillaume Perret

Entretien / Robert Sandoz
Texte d’après Molière / adaptation et mise en scène Robert Sandoz

Publié le 27 août 2026 - N° 346

Le metteur en scène Robert Sandoz transpose Dom Juan au Mexique, au sein d’un univers baroque inspiré de la « Fête des Morts ». Une création qui fait du personnage éponyme de la pièce de Molière un archétype de l’homme moderne.

Qu’est-ce qui vous a mené sur le chemin de cette pièce de Molière ?

Robert Sandoz : J’ai toujours trouvé cette pièce imparfaite. En tout cas, elle m’a toujours résisté. Et comme les choses qui me paraissent complexes me fascinent, j’avais depuis longtemps envie de m’en emparer. Un jour, je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de similitudes entre Dom Juan et les masculinistes d’aujourd’hui. Je me suis dit que c’était le moment de mettre en scène cette pièce.

Pour vous, qui est Dom Juan ?

R.S. : C’est quelqu’un qui pense que la spiritualité n’existe pas. Or, si nous ne sommes que des phéromones, que des amas d’atomes, pourquoi nos désirs ne primeraient-il pas sur celui des autres ? Malheureusement, ce sont souvent les femmes qui en font les frais… D’une certaine façon, je me dis que l’homme moderne naît peut-être avec Dom Juan, cet homme moderne qui, en faisant passer son désir en premier, nous a amenés à la Révolution française, aux Lumières, nous a libérés de nombreux jougs. Mais en même temps, les révolutionnaires n’étaient pas des enfants de chœur. Ils ont décapité à tour de bras… Deux cent cinquante ans plus tard, on ne sait plus trop quoi faire de ce type d’hommes… Le problème de Dom Juan, c’est que chacune de ses qualités est aussi un défaut. Il n’a pas des bons côtés et des mauvais côtés. C’est un personnage entièrement problématique, parce que entièrement ambigu.

« Le problème de Dom Juan, c’est que chacune de ses qualités est aussi un défaut. »

Dans votre mise en scène, quel rapport Sganarelle entretient-il avec lui ?

R.S. : Un rapport complexe qui pose la question de la compromission. C’est aussi de cela dont j’avais envie de parler. Jusqu’où est-on d’accord d’aller pour quelqu’un dont on n’aime pas les idées ? Comment se fait-il que, parfois, les gens que l’on déteste nous fascinent également ? C’est ce que je ressens moi-même vis-à-vis de Dom Juan : une forme d’amour-haine. On peut d’ailleurs s’interroger sur la façon d’inventer d’autres modèles…

Qu’est-ce qui a motivé votre choix de transposer cette pièce dans l’univers de La Fête des Morts, au Mexique ?

R.S. : Je cherchais un monde qui pouvait faire le lien entre hier et aujourd’hui par le biais d’une esthétique forte, un monde dans lequel les morts pouvaient revenir à la vie, dans lequel la religion pouvait être présente visuellement. L’univers de La Fête des Morts permet à l’histoire de Dom Juan de trouver son plein potentiel. Sans oublier qu’il s’agit d’une comédie, avec des aspects tragiques, bien sûr, mais aussi beaucoup de moments de pur jeu qui doivent donner de la joie et du plaisir aux spectateurs.

 

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

Dom Juan
du mercredi 10 février 2027 au dimanche 14 février 2027
TKM - Théâtre Kléber-Méleau
Chemin de l’Usine à Gaz 9, CH - 1020 Renens-Malley, Suisse.

mercredi et jeudi à 19h, vendredi à 20h, samedi et dimanche à 17h30.

Tél : +41 21 625 84 29. www.tkm.ch

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