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René Martin

René Martin - Critique sortie Classique / Opéra
Photo : René Martin et Jean-Pierre Onoratini, le binôme à la tête du Festival de La Roque d’Anthéron

Publié le 10 juin 2010

« Casser les cadres stricts de la musique classique »

René Martin est l’homme-festival. En plus d’assurer la direction artistique du Festival de La Roque d’Anthéron, il dirige la Folle journée de Nantes et les Fêtes musicales de la Grange de Meslay.

« A La Roque d’Anthéron, j’ai vu quasiment débuter Nelson Freire ou Christian Zacharias, qui sont maintenant de vraies stars »
 
 
Rappelez-nous comment, dans un village provençal de 5 000 habitants, est né, il y a trente ans, un festival international de piano…
 
René Martin : J’étais à l’époque chargé de mission du Ministère de la culture à Aix-en-Provence. Je sillonnais la région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec pour but de réorganiser la vie musicale locale. Je cherchais par ailleurs un endroit pour monter un festival de piano. J’ai alors rencontré le maire de La Roque d’Anthéron (NDLR : Paul Onoratini, président du Festival jusqu’en 2007 et décédé en janvier dernier), qui m’a montré le parc du Château de Florans : je suis immédiatement tombé sous le charme de ce lieu unique.
 
Chaque été, on retrouve à La Roque d’Anthéron les pianistes Boris Berezovsky, Nicholas Angelich, Zhu Xiao-Mei… Comment expliquez-vous une telle fidélité ?
 
R.M. : C’est la richesse du Festival. A La Roque d’Anthéron, j’ai vu quasiment débuter Nelson Freire ou Christian Zacharias, qui sont maintenant de vraies stars. Ils viennent ici comme dans une grande maison de famille. Il y a chaque année des rencontres magiques. Et je tiens aussi à inviter beaucoup de jeunes artistes. Plus de trente pianistes qui se produisaient au Festival l’année dernière avaient entre vingt et vingt-cinq ans.
 
Du clavecin au piano jazz, vous programmez le clavier dans tous ses états…
 
R.M. : Au début du Festival, il n’y avait que du piano. Puis j’ai souhaité remonter à la source de l’instrument, avec le pianoforte, le clavicorde et le clavecin. Et de l’autre côté, il y a la musique contemporaine et le jazz. C’est un vrai festival de clavier ! D’ailleurs, pour les trente ans, nous programmons un concert avec trente pianistes et donc trente pianos sur scène (le 22 août) !
 
Vous êtes aussi le directeur de la Folle journée de Nantes. La démocratisation de la musique classique est-elle l’une de vos priorités ?
 
R.M. : Ma priorité est de casser les cadres stricts de la musique classique : donner l’opportunité à tout le monde de pouvoir découvrir Mozart, Beethoven ou Schumann. A la Folle journée de Tokyo, nous avons récemment accueilli un million de personnes ! Et à La Roque d’Anthéron, ce sont 2 400 personnes qui prennent place le soir dans les gradins du parc du Château de Florans.
 
Propos recueillis par Antoine Pecqueur

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