La Terrasse

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Focus -280-L’Orchestre National de Jazz

Opéra Jazz « Dracula » mis en scène par Julie Bertin

Opéra Jazz « Dracula » mis en scène par Julie Bertin - Critique sortie Jazz / Musiques
Julie Bertin et Grégoire Letouvet © Frédéric Pickering (photo Julie Bertin) © Arthur Wollenweber (photo Grégoire Letouvet)

ASTRADA DE MARCIAC / THEATRE DUNOIS PARIS / OPÉRA JAZZ

Publié le 26 septembre 2019 - N° 280

Premier spectacle jeune public de l’histoire de l’orchestre, Dracula revisite le mythe, en version réactualisée entre théâtre et musique. Avant-propos avec la metteuse en  scène Julie Bertin et l’un des deux compositeurs, Grégoire Letouvet, le second étant Frédéric Maurin. 

Vous avez demandé à Julie Bertin de vous rejoindre pour cette création…

Grégoire Letouvet : J’avais totale confiance en sa capacité à faire converger les énergies et les talents de chacun ! Nos expériences communes n’étaient vraiment pas de trop pour travailler les spécificités et sublimer les contraintes formelles du projet : orchestre sur scène, improvisation, spectacle tout public, écriture de plateau…

Aviez-vous déjà des expériences mêlant le jazz et la mise en scène d’un opéra ?

Julie Bertin : C’est la première fois, mais en même temps, la musique dans les spectacles de notre compagnie, le Birgit Ensemble, a toujours une part très importante. Ce projet est donc un pas de plus en ce sens. Ce n’est ni du théâtre musical ni une comédie musicale : il s’agit d’un genre d’opéra jazz pour tout public. La musique est présente du début à la fin, avec des chansons et des moments musicaux…

« Ce n’est ni du théâtre musical ni une comédie musicale : il s’agit d’un genre d’opéra jazz. » Julie Bertin

« Les formes hybrides m’ont toujours attiré. » Grégoire Letouvet

Grégoire Letouvet :  Les formes hybrides qui tressent la musique et le drame, au sens large, m’ont toujours attiré. Au début de notre Dracula, nous avons regardé beaucoup de films muets de vampires, et évoqué comme inspirations les formes d’opéras de Brecht et Weill. Mais je crois que la singularité de notre Dracula tient véritablement au fait que nous ayons en répétition tout fait avancer en même temps, dans un souci presque organique : dramaturgie, langue, énergie du plateau, improvisation musicale, chansons.

Quelle est la place des musiciens en plateau ?

Julie Bertin : J’ai fait en sorte que les musiciens soient intégrés au dispositif scénique, sans néanmoins dire du texte : ils sont les valets-animaux de Dracula.

Grégoire Letouvet : Ils seront des présences physiques et sonores. Cela nous paraissait très important que le focus puisse se déplacer entre les comédiennes et l’orchestre, que le texte n’ait pas toujours le statut de premier plan. Nous avons par exemple travaillé des séquences parlées comme du flowqui est musique en soi, ou des séquences en pantomime ou chorégraphie visuelle, afin que la musique puisse prendre le relai dans la dramaturgie et se déployer complètement.

Avez-vous laissé des parts d’improvisation aux musiciens ?

Julie Bertin : Cela faisait partie du cahier des charges de l’ONJ, un aspect assez proche de ce que l’on nomme l’écriture de plateau. Nous avons convenu de laisser des moments dédiés à l’improvisation. Par exemple, une séquence s’appuie sur l’interaction avec les spectateurs, et donc par définition, on ne sait pas à l’avance quel sera leur retour de la salle : ce sont les musiciens qui auront toute liberté de création à cet instant-là.

Propos recueillis par Jacques Denis

A propos de l'événement

Opéra Jazz « Dracula » mis en scène par Julie Bertin


Les 1er et 2 décembre, création à L’Astrada de Marciac (32) après une résidence du 25 au 30 novembre.


Les 9, 10 et 11 janvier 2020
au Théâtre Dunois de Paris puis les  16 et 17 janvier 2020 au théâtre scène nationale d’Orléans.


 


L’équipe artistique de « Dracula ». Comédiennes en alternance : Estelle Meyer / Manika Auxire et Milena Csergo / Camille Constantin. Musiciens : Fanny Ménégoz (flûte), Julien Soro / Fabien Debellefontaine (saxophone alto, clarinette), Guillaume Christophel (saxophone ténor, clarinette basse), Quentin Ghomari (trompette, bugle), Mathilde Fèvre (cor), Christiane Bopp (trombone), Christelle Séry (guitare électrique), Raphaël Schwab (contrebasse), Rafaël Koerner (percussions).


 


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