La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -225-JAZZ / NICOLAS FOLMER

Nicolas Folmer

Cinq albums qui comptent

Publié le 26 octobre 2014 - N° 225

Cinq albums qui comptent

1) Intégrale des œuvres orchestrales de Maurice Ravel par Pierre Boulez

« Je suis sensible à Daphnis et Chloé pour sa vision de l’amour presque romantique racontée avec une palette de couleurs orchestrales éblouissantes. J’ai pu voir le voir à l’Opéra Bastille il y a quelques mois dans la chorégraphie de Benjamin Millepied : ce fut un moment inoubliable. Et je suis toujours ému par le célèbre deuxième mouvement du Concerto en sol : il y a une pudeur mêlée d’expressivité qui me bouleverse. »

2) Michael Brecker Now You See It… (Now You Don’t), 1990

« C’est le troisième album du mythique saxophoniste qui m’a fait découvrir le jazz. Brecker est déroutant de sensibilité sur The Meaning of the Blues et époustouflant de maîtrise dans Peep. Je connais par cœur tous les solos de cet album que j’ai écouté toute mon adolescence dans ma Savoie natale avec mon walkman : dans le bus, dans le train… partout ! En 2009, j’ai joué dans le groupe de Bob Mintzer et son bassiste, Jay Anderson, est sur ce disque ! Je lui ai demandé de me raconter l’enregistrement, je me sentais comme une groupie. Ce qui ne me ressemble pas… sauf peut-être avec Michael Brecker ! »

3) Aerosmith Rocks, 1976

« Ce disque est sorti l’année de ma naissance, mais ce n’est qu’à l’adolescence que je l’ai découvert par hasard en allant au ski avec des amis. Nous écoutions le single Love in an Elevator presque en boucle dans la voiture. Ils dégagent une énergie folle, mais n’en font jamais trop : ils ne tombent pas dans le racolage facile de certains groupes de hard-rock. Et puis Steven Tyler, quelle voix ! »

4) Thomas de Pourquery Supersonic Play Sun Ra, 2014

« Je connais Thomas depuis vingt ans. J’ai suivi son évolution, du fan de Stefano Di Battista qu’il était lorsque nous étions étudiants jusqu’à ce projet… Quel parcours ! Profondeur, audace, codes remis en question et un lyrisme bien à lui. J’ai toujours adoré son attitude positive et son humour et je les retrouve dans ce disque à la sensibilité très personnelle. »

5) Guillaume Perret Electric Epic, 2012

« Je n’avais jamais entendu ça ! Un univers qui traduit selon moi un ressentiment général contre la société actuelle. Sombre, tourmenté, organique, une rage, un cri, un magma tout en gardant un certain lien avec le jazz. Je l’ai découvert sur scène l’été dernier : j’ai été scotché par le concept et la direction affirmée. Cela me rappelle Bruits de Jacques Attali qui développe l’idée que la musique est annonciatrice des changements de société. »

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