La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -149-Domaine départemental de Chamarande en Essonne / Spectacles gratuits en plein air

Never mind de Daniel Larrieu, version paysage

Never mind de Daniel Larrieu, version paysage - Critique sortie Danse

Publié le 10 juin 2007

Daniel Larrieu présente sa dernière création sur le plateau de danse du
domaine de Chamarande. L’occasion d’expérimenter des processus chorégraphiques
dans un cadre vivant, en transformation continuelle.

« Un paysage pour moi est d’abord un son. Le vent dans les peupliers à la fin
de l’été ou dans les champs de blé, les oiseaux dans le matin tôt, la
circulation des voitures à New York, le métro à Paris. »
C’est ainsi que
Daniel Larrieu définit son rapport à l’environnement, affirmant d’emblée que le
paysage n?est pas un cadre extérieur mais une expérience, qui nous pénètre par
l’intermédiaire de tous nos sens et nous inscrit dans un réseau de mouvements,
de trajets et d’actions. On attend donc beaucoup de la présentation de sa
dernière pièce, Never Mind, sur le plateau de danse du domaine
départemental de Chamarande. Précisons en outre qu’avant de devenir danseur, le
jeune Daniel suivait des études d’horticulture : autant dire que l’espace
végétal lui est familier. Il est surtout un habitué des lieux insolites, de
l’orangerie du jardin des plantes de Rouen à la piscine investie pour
Waterproof
(créé en 1986, remonté en 2006) : il a ainsi, à maintes reprises,
démontré la capacité de la danse à se faufiler entre les arbres, les édifices,
et à faire spectacle là où l’on ne l’attend pas.

Exposer les processus de travail du danseur

Cette fois, la rencontre entre la danse et son environnement se fera sans
doute sur le terrain de la mouvance et du changement. En effet, pour cette pièce
créée au moment où sa compagnie prend un nouveau départ (Daniel Larrieu vient de
quitter le Centre Chorégraphique National de Tours), le chorégraphe a choisi
d’exposer sur scène les processus fondamentaux du travail du danseur :
l’expérimentation du rapport à la gravité, du rythme ; l’élaboration de duos
enchanteurs, dont la simplicité méthodique est presque troublante ; des jeux de
miroir et de contrepoint minutieux. Une sorte de chantier, de transformation
perpétuelle qui séduit sans esbroufe ? « naturellement », aurait-on envie de
dire. La présentation de ces explorations semble trouver un cadre idéal dans un
espace vivant, marqué par les rythmes des végétaux et leur forme toujours en
devenir, comme celle de la danse. Et puisque le paysage est d’abord un son, on
attend avec impatience de voir comment la magnifique bande-son du spectacle
(l’intégralité du Stabat Mater de Pergolese et l’intrusion d’un morceau
de rock) entrera en résonance avec le souffle du vent dans les feuilles de
Chamarande.

Marie Chavanieux

Never Mind, de Daniel Larrieu. Le 22 juillet à 15h30. La citation de
Daniel Larrieu est extraite du Panorama de la danse contemporaine de
Rosita Boisseau (éd. Textuel, 2006).

A propos de l'événement


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