La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -176-alfortville

Marc Delaruelle

Marc Delaruelle - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 mars 2010

Garder le contact avec le public

Marc Delaruelle est auteur et metteur en scène. Coorganisateur du Festival des Ecritures, il y œuvre, à l’instar de ce qu’il fait dans ses textes, pour un théâtre populaire et « abordable ».

Quel est le but de ce Festival des Ecritures ?
Marc Delaruelle : Ce festival a fait renaître un festival précédemment organisé à Alfortville et qui présentait déjà des mises en espace. Ce festival s’est interrompu pendant quelques années et quand le Pôle Culturel actuel a été en configuration, Nora Gontharet, sa directrice,et le mairie-adjoint de la ville ont choisi de le faire renaître avec l’idée de faire découvrir des formes nouvelles d’écriture scénique au plus large public possible. Nous essayons de présenter des textes qui gardent le contact avec le public. Comme notre objectif est la rencontre, nous présentons des textes toujours abordables, au sens noble du terme.
 
Comment sélectionnez-vous les textes mis en espace ?
M. D. : Tout au long de l’année, on nous en envoie. On essaie de puiser des textes un petit peu partout. Nous n’avons pas de comité de lecture : Nora et moi choisissons les textes qui nous conviennent, nous intéressent et qui vont dans le sens de la programmation de l’année. Pour autant, nous ne nous enfermons pas dans une thématique : ce que nous choisissons se dégage au fil de nos rencontres. Nous avons aussi des fidélités avec certains artistes, ainsi Pierre Notte dont le succès, Moi aussi je suis Catherine Deneuve, a été mis en espace la première fois dans notre festival. Notre idée, notre désir, notre rêve, c’est que ce festival permette non seulement de susciter des rencontres avec le public mais aussi entre artistes pour déboucher sur des concrétisations scéniques.
 
 « Nous présentons des textes toujours abordables, au sens noble du terme. »
 
En tant qu’auteur, que pensez-vous de la situation de l’écriture en France ?
M. D. : On parle beaucoup d’aide aux auteurs. Mais je trouve que les choses se font beaucoup plus en paroles qu’en actes, dans les intentions que dans le concret ! Certes des textes circulent, mais ce sont souvent les mêmes. Il y a un total manque de curiosité et de prise de risque chez de nombreux directeurs de théâtre. Pour avoir beaucoup d’amis auteurs, je sais que tous arrivent à la même conclusion : les auteurs ne sont pas lus par ceux qui décident. Nous sommes lus par les membres des comités de lecture ; cela aboutit parfois à des prix. Ca fait plaisir mais ça ne sert pas à grand-chose ! C’est plutôt un alibi ! Car il ne faut pas oublier que l’objectif d’un auteur c’est d’être joué ! Les aides à l’édition sont importantes, elles permettent de créer un objet, mais, au fond, on sait bien que personne ne lit le théâtre ! Il faudrait deux choses : premièrement que ceux qui décident des projets de mise en scène lisent les textes et deuxièmement, et notre festival essaie de le faire, que les auteurs soient en contact avec le public, c’est-à-dire avec ceux pour qui ils écrivent.


Mademoiselle Déon ou le piège de Narcisse, texte et mise en espace de Marc Delaruelle. Le 14 mars à 16h. A 17h15, rencontre avec l’auteur.

A propos de l'événement


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