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Focus -287-Ensemble Almaviva

« Ma vie avec la vague » du compositeur Antonio Juan Marcos, d’après le conte d’Octavio Paz

« Ma vie avec la vague » du compositeur Antonio Juan Marcos, d’après le conte d’Octavio Paz - Critique sortie Classique / Opéra Vitry-sur-Seine Conservatoire de musique
Le compositeur Antonio Juan Marcos © DR

GROS PLAN / CRÉATION

Publié le 23 septembre 2020 - N° 287

L’Ensemble Almaviva a passé commande au compositeur mexicain Antonio Juan Marcos d’un monodrame d’après le conte d’Octavio Paz. Une création où se mêlent chant, musique instrumentale, électronique et vidéo.

« Lorsque je quittai cette mer, une vague, entre toutes, s’avança. Elle était svelte et légère. Malgré les cris des autres qui la retenaient par sa robe flottante, elle prit mon bras et me suivit, en sautant ». C’est sur ce conte intitulé Ma vie avec la vague, déconcertant par sa simplicité surréaliste – et donc par nature irreprésentable –, qu’Antonio Juan Marcos a choisi de bâtir son monodrame. Ce n’est pas la première fois que le compositeur mexicain (né en 1949) s’attaque à la poésie d’Octavio Paz (1914-1998) ; Custodia lui avait inspiré Sin nombres (2012), où la voix du contre-ténor autant que l’orchestre rendait l’impression de ce poème graphique, rituel et cyclique. Une autre œuvre avait suivi, en 2017 : Tum Tambor, un monodrame inspiré par le conte de Juan Ruffo (1917-1986), Macario, où la narration passe finalement au second plan, derrière la prééminence du son et la dimension cyclique du temps. Avec le vidéaste Ian Winters, le compositeur y avait abordé un principe de construction où l’espace du récit se prolonge au-delà de la scène, par l’image et la diffusion sonore.

Le discours musical au cœur de l’expression poétique

Cette fois, avec  Ma vie avec la vague, Antonio Juan Marcos accepte la narration, mais le « personnage » de la vague le conduit à poursuivre sa réflexion sur la question de l’espace, liée ici à la texture, à la forme de l’eau. Il a recours pour cela à l’électronique musicale (réalisée dans les studios du Center for New Music and Audio Technologies à l’Université de Berkeley), avec sa capacité à transformer l’espace, et, une fois encore, à la vidéo. « L’ensemble instrumental sera beaucoup plus présent au côté du narrateur, précise le compositeur, et l’électronique jouera sur les textures de la vague. Mais, comme dans le conte, cela ne saurait être aussi tranché : l’électronique soutient le discours instrumental pour évoquer les interactions de la vague avec le narrateur ». Ainsi, tous les interprètes prennent en charge le texte et mettent le discours musical au cœur de l’expression poétique ; une démarche que ne renie pas l’Ensemble Almaviva, séduit par l’approche plurielle des œuvres d’Antonio Juan Marcos. Le compositeur retrouvera d’ailleurs, à cette occasion, le percussionniste Maxime Echardour, premier inspirateur d’une œuvre, Tum Tum (2002), prémices du futur Tum Tambor.

 

Jean-Guillaume Lebrun

A propos de l'événement

« Ma vie avec la vague » du compositeur Antonio Juan Marcos, d’après le conte d’Octavio Paz
du Vendredi 21 mai 2021 au Vendredi 21 mai 2021
Conservatoire de musique
71 Rue Camille Groult, 94400 Vitry-sur-Seine

dans le cadre du Festival Claude Helffer organisé par le Conservatoire de Vitry.


 


 


Ensemble Almaviva


54 Rue Etienne Marcel, 75002 Paris.


https://www.ensemblealmaviva.com/


 


 


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