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Focus -283-Festival Odyssées en Yvelines

L’encyclopédie des super-héros de Thomas Quillardet, recette de fabrication

L’encyclopédie des super-héros de Thomas Quillardet, recette de fabrication - Critique sortie Théâtre
CR : Thomas Quillardet

Entretien Thomas Quillardet
Texte et mes Thomas Quillardet / à partir de 9 ans

Publié le 16 décembre 2019 - N° 283

Dans une petite forme portative, L’encyclopédie des super-héros déploie tout l’imaginaire des super-héros de bandes dessinées, aux super-pouvoirs insérés dans le quotidien d’aujourd’hui. Avec Benoît Carré et Bénédicte Mbemba.

Quelle est la genèse de ce spectacle  ?

Thomas Quillardet  : Au début, il y a une commande du Théâtre de Sartrouville qui est tombée au moment où je discutais avec le comédien Benoît Carré des super-héros, issus des marvels. On se demandait comment faire le portrait d’un acteur au prisme de ces super-héros. C’est ainsi qu’est née L’encyclopédie des super-héros, en joignant les deux envies.

Les super héros, c’est surtout une histoire de garçons, non  ?

T.Q.  : La pièce raconte l’histoire de deux acteurs, Benoît et Bénédicte. Benoît dédie un spectacle à Bénédicte sur les super-héros. Et petit à petit, cette dernière prend le pouvoir de l’imaginaire et rectifie l’histoire des comics. Parce que c’est vrai qu’il n’y a longtemps eu que des super-héros masculins. La première femme super-héros, c’est la femme invisible  ! Dans ces histoires, on la cantonne souvent à un rôle de secrétaire transie d’amour ou de femme à protéger. La bascule du spectacle, c’est vraiment cette prise de pouvoir qu’effectue Bénédicte.

Le titre laisse penser que vous passez tous les super-héros en revue…

T.Q.  : En fait, on cherche plutôt la recette pour devenir un super-héros. Pour cela, il faut avoir vécu un drame familial et être porteur d’une mutation génétique, et il faut aussi avoir un talon d’Achille. Ce qui est frappant, c’est que les super-héros des marvels ont une vie quotidienne semblable à la nôtre : un boulot, un copain, une copine. Ils habitent dans notre rue. C’est pourquoi on va à chaque fois insérer l’endroit où l’on joue dans notre spectacle. On verra ainsi comment s’exercent les super-pouvoirs dans le RER, au collège ou à la médiathèque…

Les super-héros renvoient-ils uniquement aux marvels  ?

T.Q.  : On voyage du western à Zeus en passant par Thor. Les 4 fantastiques par exemple rencontrent Athéna. Il y a des références à la mythologie, mais aussi à Tarzan, à Zorro, aux Indiens. Pour qu’il y ait un super-héros, ce qu’il faut surtout, c’est un méchant. Alors on cherchera aussi le méchant dans tous les recoins de notre vie, on inventera un compteur à méchants pour dénombrer combien il y en a parmi les spectateurs… Les scénaristes des marvels font feu de tout bois. Ce qui nous intéresse aussi, c’est de transposer la bande dessinée au plateau, de voir ce qu’allaient devenir les onomatopées, les bulles des dialogues ou encore les pensées intérieures représentées par de petits nuages. Les super-héros sont vraiment dans le concret, et pour les super-pouvoirs, on essaye de les transposer avec trois bouts de ficelle.

« Le super-héros reste toujours porteur du fantasme de superpuissance qu’on a quand on est enfant. »

Quelle est la place des super-héros dans notre imaginaire  ?

T.Q.  : La génération des quarantenaires comme moi a grandi avec les premiers films de super-héros. Les comics ont fait un bide en France au début puis ils sont rentrés dans la culture de masse dans les années 1980-1990. Alors forcément, ils habitent une partie de mon imaginaire, c’est la force du soft power américain. Benoît Carré quant à lui était un vrai fan des super-héros. Et il continue aujourd’hui, avec la distance critique de l’adulte. Avec sa dextérité fabuleuse, ses vaisseaux spatiaux sans défaut, le super-héros reste toujours porteur du fantasme de superpuissance qu’on a quand on est enfant.

Faire un spectacle jeune public, qu’est-ce que cela implique de spécial pour vous  ?

T.Q.  : C’est la troisième mise en scène que je fais à destination d’un public jeune. Mais à chaque fois, cela ne change absolument rien pour moi. Je fais seulement attention à ne pas y inscrire de violence gratuite. La seule contrainte ici vient de la forme qui m’a été demandée : un spectacle de 45 minutes qui soit montable et démontable rapidement. C’est un spectacle qui va aller dans des lieux peu habitués à recevoir du théâtre. C’est ça qui est important.

 

 

Propos recueillis par Eric demey

A propos de l'événement

L'encyclopédie des super-héros de Thomas Quillardet, recette de fabrication


Au Théâtre de Sartrouville les 25, 28, 29 et 30 janvier 2020. Dans les Yvelines du 13 janvier au 14 mars 2020. Durée : 45 minutes.


 


Théâtre de Sartrouville et des Yvelines, Centre dramatique national,


Place Jacques Brel, 78500 Sartrouville.


Festival Odyssées en Yvelines,


du 13 janvier au 14 mars 2020.


Tél : 01 30 86 77 79.


www.theatre-sartrouville.com


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