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Jean-Louis Heckel, Claire Perraudeau et Baptiste Etard

Jean-Louis Heckel, Claire Perraudeau et Baptiste Etard - Critique sortie Théâtre
Jean-Louis Heckel, Claire Perraudeau et Baptiste Etard

Publié le 10 janvier 2008

Une nef de fous joyeux

Responsable pédagogique de l’ESNAM à Charleville-Mézières et fort d’une expérience de vingt années au Nada Théâtre, Jean-Louis Heckel crée une nouvelle compagnie, La Nef, en association avec le lieu de fabrique du même nom installé à Pantin. Un espace de création dirigé avec deux comédiens associés, Claire Perraudeau et Baptiste Etard.

Quelle est l’histoire de La Nef ?

Jean-Louis Heckel :
Le nom est issu de la charpente inversée de cette cour couverte qui protégeait naguère un atelier.Evoquer La Nef des fous et de semblables embarcations nous a plu. Nous avons opté pour le nom manufacture d’utopies. Dans « manufacture », il y a le mot « main », une manière encore d’être lié aux marionnettes. L’utopie est par définition, un projet insensé que l’on revendique. La Nef est un lieu de création qui vise à accompagner des projets émergents sous forme de compagnonnage et de laboratoire. Les trois axes de travail concernent la marionnette, le théâtre d’objets et l’écriture contemporaine.
 
Comment se réalise ce projet ?

J. L. H. :
On essaie d’accueillir des compagnies et des créations en mesure de présenter des étapes de travail. On aimerait s’arrêter au seuil de l’exploitation et trouver des partenaires, des compagnies ou des lieux institutionnels qui nous permettent de faire route ensemble dans l’univers de la marionnette. Une belle idée économique que de partager les outils de travail et les mettre à disposition.

Claire Perraudeau :
La formation d’acteur marionnettiste à laquelle nous travaillons auprès de Jean-Louis est essentielle. La Nef est un lieu de présentation de créations et un lieu d’activités permanentes qui comporte des ateliers dont les principes sont liés à la transmission d’un savoir-faire. Le lundi soir, sont proposés des ateliers de jeu et de manipulation de marionnettes, assurés par Claire Vialon, Baptiste Etard et moi-même. C’est un travail sur le texte ouvert à la manipulation de matériaux ou d’objets. Le week-end est consacré à l’initiation à la fabrication de marionnettes, pour un public d’amateurs et de professionnels, dont les intervenantes sont Pascale Blaison et Carole Allemand.
 
« L’utopie est par définition, un projet insensé que l’on revendique. »
 
Vous proposez également des cartes blanches à des artistes.

Baptiste Etard :
Un jeudi par mois est réservé aux Décalés de la voûte, une occasion de présenter des petites formes qui nous interpellent et que nous souhaitons faire découvrir au public de Pantin. La convivialité du lieu, c’est d’abord l’accueil de spectateurs de proximité. La Nef est un lieu inscrit sur un territoire immédiat, voisin et plus éloigné puisque Pantin jouit encore d’une vie de quartiers où les associations se multiplient.

C. P. :
L’idée est de montrer non seulement un travail mais aussi les coulisses de ce travail, que l’artiste soit issu des arts vivants, de la vidéo ou de la lecture. Le rapport frontal entre scène et salle n’existe plus.

B. E. :
Les spectateurs sont accueillis dans un lieu vivant de création comme s’ils entraient tout à coup dans un atelier où les choses se font, hors du seul résultat final, dans un esprit de mixité artistique et sociale où l’acteur marionnettiste est central par rapport aux arts de la manipulation.
 
Un feuilleton avec les habitants du quartier va également prendre forme.

J.-L. H. :
Dès janvier 2008, le jeudi, une figure emblématique du quartier est mise à l’honneur pour nous parler de sa vie, de son histoire, et de la vie de Pantin. Les thématiques principales de ce feuilleton sont la ville, le quartier et ses habitants face à l’utopie du travail. L’auteur est Nicolas Flesch qui va réaliser des interviews auprès des cinq personnages. Il rédige ensuite cinq portraits de quinze minutes chacun ainsi qu’un sixième épisode d’une heure, une fiction qui intègre les cinq personnages. Je monterai pour le mois de juin cette saga avec Claire, Baptiste et des marionnettes. Un joli programme…
 

Propos recueillis par Véronique Hotte


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