La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -153-montbeliard

Didier Levallet et Pedro Garcia

Didier Levallet et Pedro  Garcia - Critique sortie Théâtre
photo de Didier Levallet © Lionel Vadam

Publié le 10 décembre 2007

Imaginer et créer ensemble un sublime chaos…

Didier Levallet, directeur de L’Allan, scène nationale de Montbéliard, et Pedro Garcia, directeur de l’Abattoir, Centre national des arts de la rue, reviennent sur la collaboration, inédite, entre leurs deux structures pour imaginer la Cité rêvée 2007.

Pourquoi ce rapprochement ?
 
Didier Levallet : Après trois éditions conduites sous la houlette de la compagnie Oposito, nous voulions faire évoluer l’aventure. L’organisation d’un tel événement demande une expertise très pointue dans la logistique de l’espace urbain et une fine connaissance du champ des arts de la rue. L’Abattoir, que dirige Pedro Garcia, nous a paru le partenaire idoine, de par son expérience en tant que lieu de fabrique et maître d’œuvre de Chalon dans la rue, un des festivals majeurs dans ce domaine. D’autre part, cette collaboration obéit à une logique de complémentarité régionale, entre une scène nationale, à vocation pluridisciplinaire, et un Centre national des arts de la rue. Elle renforce en outre l’axe Bourgogne-Franche-Comté, qui s’affirme de plus en plus.
Pedro Garcia : Notre coopération s’inscrit dans la continuité des missions de l’Abattoir. Il s’agit de tricoter une programmation à partir des projets en cours de finalisation qui nous semblent les plus pertinents pour cette manifestation. Nous mettons à la disposition des compagnies notre spécificité de lieu de fabrique afin que les résidences leur permettent d’adapter l’écriture artistique.

« Des spectacles qui marquent l’imaginaire et s’imprimeront pour longtemps dans les mémoires. »

Les arts de la rue fréquentaient peu jusqu’alors le réseau des scènes nationales.
 
D. L. : Ces deux secteurs se sont longtemps regardés en chiens de faïence. Sans doute parce que les arts de la rue ont affirmé leur identité contre les théâtres, considérés comme les temples de la culture bourgeoise. Les positions ont heureusement évolué !
P. G. : Cette évolution, encore trop timide, est due à la fois à la structuration institutionnelle du secteur, à un meilleur repérage du travail des compagnies de rue et à la maturation artistique des propositions, dans l’écriture et l’esthétique. L’intégration des arts de la rue dans les saisons de certaines scènes nationales répond également à une volonté d’élargir des publics et d’investir des territoires jusque-là délaissés.
 
Quelles sont les lignes directrices de la programmation de la Cité rêvée 2007 ?
 
D. L. : Elles répondent à l’exigence d’allier un moment festif particulier, le réveillon de la Saint-Sylvestre, et la qualité artistique des projets.

P.G. : Parmi les projets qui mettent en jeu l’espace public, nous avons privilégié les déambulations et les écritures scénographiques très lisibles, afin que les spectateurs puissent facilement cheminer parmi les propositions. Créer ce chaos sublime dont nous avons rêvé et partager l’événement avec les 25 000 personnes attendues en ville, supposent des spectacles qui marquent l’imaginaire et s’imprimeront pour longtemps dans les mémoires. Nous avons aussi ménagé quelques havres plus tranquilles, où notamment le Kolektif Alambik distillera son univers singulier, composé d’images dérobées deci-delà et métamorphosées. Cette troupe a été accueillie en résidence, tout comme Kernavires et Pipototal. Une façon de resserrer les liens très concrètement avec les deux territoires.


A propos de l'événement


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