La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -202-Opéra de Paris

Histoire et perspective du Ballet de l’Opéra

Brigitte Lefèvre, directrice de la danse à l’Opéra de Paris, chemine à travers la saison et à travers trois cents ans d’histoire qui lient l’Ecole et le Ballet.

Danse / Palais Garnier

Publié le 1 octobre 2012 - N° 202

Brigitte Lefèvre, directrice de la danse à l’Opéra de Paris, chemine à travers la saison et à travers trois cents ans d’histoire qui lient l’Ecole et le Ballet.

« Fêter le tricentenaire, c’est montrer l’évolution de la compagnie. »

La « tradition française » est toujours au cœur de l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris aujourd’hui. Comment se distingue-t-elle ?

Brigitte Lefèvre : Même si on peut parler de fondamentaux de l’école dite française de danse, qui s’appuie sur un vocabulaire, une grammaire de la danse classique académique, je crois que notre particularité est d’avoir toujours lié cette école au Ballet de l’Opéra de Paris. Ils participent de la même entité. Et l’ouverture du répertoire demande de revenir, dans l’enseignement, sur ces fondamentaux : ce sont ainsi une école et un style qui ne sont pas repliés sur eux-mêmes, et qui ne vivent pas que de leur passé.

Comment allez-vous mettre en œuvre cet anniversaire pour le public ?

B. L. : Cet anniversaire consiste notamment dans la présentation de grandes productions classiques, en l’occurrence romantique avec La Sylphide dans la version de Pierre Lacotte, et académique avec Don Quichotte de Rudolf Noureev. Je suis très attachée à ce que les ballets continuent à être proposés dans la vision chorégraphique propre à Rudolf Noureev. Il me paraît important aussi d’exposer l’aspect universel de la danse classique et son évolution, en commençant par un hommage rendu à l’un des plus grands chorégraphes du XXème siècle issu du monde classique : George Balanchine. Nous montrons notre attachement à la rigueur de la danse classique, à sa façon d’être sans aucune concession, et nous montrons aussi qu’au ballet de l’Opéra de Paris, la danse des XXème et XXIème siècles fait partie du répertoire d’aujourd’hui. Je pense bien sûr à John Neumeier (Troisième Symphonie de Mahler) et aussi à Kaguyahimé de Jiri Kylian.

Pour la première fois, Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet signent une création pour le Ballet…

B. L. : Il est important de mettre à jour l’évolution chorégraphique à l’écoute de grandes partitions, car il existe différentes façons de lire et d’entendre la musique et la danse : je suis très heureuse que l’on puisse créer un nouveau Boléro, qui ne rejette en rien celui de Maurice Béjart, mais qui se définisse comme un Boléro d’aujourd’hui, avec Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet, et Marina Abramovic… Et j’apprécie aussi de mettre en lumière un ballet qui s’appelle Un jour ou deux, signé par Merce Cunningham et John Cage, qui n’a pas été présenté depuis plus de quarante ans. La modernité s’affirmait à travers ces grands chorégraphes ! Fêter le tricentenaire, c’est montrer l’évolution de la compagnie : elle ne renie pas son passé riche de trois cents ans, et construit l’avenir.

Propos recueillis par Nathalie Yokel

A propos de l'événement

Palais Garnier
Place de l’Opéra, 75009 Paris
Tél : 08 92 89 90 90.

www.operadeparis.fr
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