La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -237-Ensemble Pulcinella

Du violoncelle à l’opéra

Du violoncelle à l’opéra - Critique sortie Classique / Opéra Paris Salle Gaveau
Crédits photos : Caroline Doutre

Entretien / Ophélie Gaillard

Publié le 27 octobre 2015 - N° 237

La violoncelliste revient sur dix années d’aventure de Pulcinella, en rêvant déjà aux dix suivantes.

« Je nous vois comme des commandos artistiques qui provoquent de petites étincelles dans les yeux et le cœur des gens. »

Quelles étaient vos intentions en créant Pulcinella ?

Ophélie Gaillard : J’étais déjà spécialisée depuis longtemps dans la musique ancienne et la pratique d’interprétation sur instruments d’époque. C’était un vieux rêve de réunir sous la forme d’un collectif des musiciens chambristes avec lesquels j’avais l’habitude de travailler pour explorer le répertoire des xviie et xviiie siècles autour du violoncelle concertant, et pour élaborer des programmes de musique vocale.

Pourquoi ce nom ?

O.P. : Notre travail de recherche sur l’articulation, les timbres, a commencé autour du répertoire vénitien, comme en témoigne notre 1er album de sonates pour violoncelle de Vivaldi. Pulcinella s’imposait : à la fois irrévérencieux et héritier d’une tradition, ce personnage emblématique dépasse le cadre de son époque puisqu’il a inspiré Stravinsky, par exemple. J’aime bien ce dialogue postmoderne entre un travail sur les sources et une réflexion joyeuse sur cette pratique historiquement informée.

De quoi êtes vous la plus fière ?

O.P. : D’avoir pu mettre en lumière ce répertoire et de réunir, grâce aux concerts et à l’activité discographique, un vaste public autour d’une musique a priori confidentielle. Je pense particulièrement à Porpora ou à C.P.E. Bach qui rencontrent un grand succès auprès de nos afficionados. Je suis fière aussi de favoriser un noyau de musiciens autour de projets artistiques et humains, notamment sur le terrain, avec les publics « empêchés », dans des hôpitaux ou des maisons d’arrêt. Rien d’héroïque mais ce travail de l’ombre est essentiel pour créer du lien dont notre société a besoin. Je nous vois comme des commandos artistiques qui provoquent de petites étincelles dans les yeux et le cœur des gens, et peuvent les mener dans des salles de concert ou des conservatoires.

Comment imaginez-vous les 10 ans à venir ?

O.P. : Je rêve d’une stabilité de fonctionnement, pour pouvoir développer des projets plus ambitieux. En 2013, nous avons constitué Pulcinella Orchestra qui réunit un effectif plus important pour des œuvres comme l’oratorio de Haendel Il Trionfo del Tempo e del Disinganno. Le noyau dur de Pulcinella étant la basse continue, nous sommes forcément tournés aussi vers l’opéra.

 

Propos recueillis par Isabelle Stibbe.

A propos de l'événement

Ensemble Pulcinella
du Vendredi 27 novembre 2015 au Vendredi 27 novembre 2015
Salle Gaveau
47 Rue La Boétie, 75008 Paris, France

à 20h30. Tél. 01 49 53 05 07.


www.pulcinella.fr


x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur la musique classique

Inscrivez-vous à la newsletter

x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur le Classique / l'Opéra