La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -266-Chaillot ~ Théâtre national de la Danse

De la musique avant toute chose !

De la musique avant toute chose ! - Critique sortie Jazz / Musiques Paris Chaillot - Théâtre national de la danse
Romance inciertos de François Chaignaud et Nino Laisné. CR : Nino Laisné

En musique / François Chaignaud et Nino Laisné, Catherine Diverrès, Frédérick Gravel, Maud Le Pladec, Alain Platel

Publié le 24 mai 2018 - N° 266

Ecoutez voir : cinq spectacles placeront la musique au cœur de leur démarche artistique la saison prochaine. Comme le disait Verlaine, « de la musique avant toute chose ! ».

Les saisons précédentes, Dominique Dupuy produisait Silence(s) à Chaillot, une série de rendez-vous autour du thème dynamique du silence. Mouvement différent cette saison avec cinq spectacles, pas moins, qui placent la musique au cœur de leur démarche. Parmi ceux-là, trois s’appuient sur des musiques traditionnelles revisitées. Les plus anciennes d’entre elles, des musiques espagnoles de tradition orale, remontent aux XVIème et XVIIème siècles. Mélodies populaires sans cesse transformées, réinterprétées, elles se sont glissées jusque dans la musique yéyé des sixties. Des métamorphoses successives qui inspirent à François Chaignaud et Nino Laisné un rapprochement avec Orlando de Virginia Woolf, personnage transgenre de multiples fois réincarné qui consacre sa vie à l’écriture d’un seul et même poème. Le tout pour un Romances inciertos qui croisera volontiers registres savants et populaires (du 18 au 21 décembre 2018).

Dialogues féconds

Tradition toujours, c’est la symphonie inachevée de Schubert que Maud Le Pladec revisite dans Twenty-seven perspectives (du 28 mars au 3 avril 2019). Ou plutôt qu’elle déconstruit, le spectacle s’annonçant comme « un acte radical de dissimulation et de spectralisation de sa présence », ou comment la musique peut s’effacer et vivre, inaudible mais exprimée, à travers la danse. Tradition enfin avec le Requiem pour L. conçu par Alain Platel (du 21 au 24 novembre 2018), pour lequel le compositeur Fabrizio Cassol réunit quatorze musiciens de plusieurs continents autour du fameux Requiem de Mozart et croise des influences culturelles, mais aussi génériques – jazz, opéra et musique africaine populaire. Une recomposition qu’Alain Platel opère par les images que cette musique produit, entre messe des morts et fosse commune. Quittons maintenant la tradition pour Blow the bloody doors off ! (du 13 au 15 mars 2019) et la composition conçue par le compositeur Jean-Luc Guionnet pour le percussionniste Seijiro Murayama et cinq instrumentistes. Un spectacle qui, comme l’indique son titre, cherche à faire sauter les verrous qui nous empêchent d’être dans l’instant présent pour laisser la musique traverser les corps, sous la conduite de Catherine Diverrès. Des corps qui ne s’attachent pas à la musique mais que la musique libère, c’est encore la quête du québecois Frédérick Gravel à travers Some hope for the bastards (du 11 au 13 avril 2019), un spectacle hybride mettant en scène des danseurs lancés tantôt dans des chorégraphies foudroyantes d’énergie, où les pulsations reprennent celle des beats irrésistibles de la musique composée par Philippe Brault, tantôt dans des compositions ralenties, plus sombres, dans un Miserere baroque où se déploie ironiquement le désespoir qui grignote nos sociétés.

Eric Demey

A propos de l'événement

De la musique avant toute chose !
Chaillot - Théâtre national de la danse
1 place du Trocadéro, 75016 Paris.

Tél : 01 53 65 30 00.


www.theatre-chaillot.fr


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