La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -186-dijon

David Grimal

David Grimal - Critique sortie Classique / Opéra

Publié le 10 mars 2011

Le bonheur de la liberté et du décloisonnement

Le violoniste David Grimal a créé en 2004 Les Dissonances. Un ensemble qui a pour particularité de jouer sans chef d’orchestre.

« Il est si rare de pouvoir travailler sur le long terme ! »
 
 
Que recherchez-vous dans une telle résidence ?
 
David Grimal : Il s’agit plutôt de ce que j’y trouve ! C’est une chance extraordinaire : je peux développer les projets qui me sont chers. Il est si rare de pouvoir travailler sur le long terme, avec un lieu qui me donne carte blanche ! J’ai une grande liberté quant aux œuvres que je programme pour moi-même ou pour Les Dissonances, et j’ai l’opportunité de réunir les musiciens avec qui je souhaite travailler. Laurent Joyeux est un directeur atypique, qui fait passer le projet culturel avant tout, dans un monde où trop souvent le marketing l’emporte. De plus, la salle est d’une qualité acoustique exceptionnelle et c’est un lieu idéal pour les enregistrements.
 
Quels sont vos projets pour ces prochaines saisons ?
 
D. G. : Nous poursuivons notre aventure beethovénienne, mais abordons aussi des programmes plus rares (Strauss, Bartók, Schoenberg le 6 avril prochain). L’an prochain, nous jouerons Beethoven aussi bien que Brice Pauset, la musique de chambre de Brahms et celle de Bartók. À Dijon, nous avons l’impression de pouvoir faire notre métier de musiciens dans toute son acception, sans nous contenter de reproduire un même programme à l’identique à travers le monde.
 
Comment construisez-vous les programmes ?
 
D. G. : Nous jouons ce que nous avons envie de jouer. Il s’agit de redécouvrir les chefs-d’œuvre et les mettre en perspective. Cela passe par un décloisonnement, alors que le monde de la musique classique est extrêmement cloisonné. Jouer sans chef nous permet de mélanger musique de chambre et symphonique dans un même programme. De la même façon, nous programmons la musique contemporaine aux côtés d’œuvres du répertoire, qui la mettent en perspective, comme en miroir. C’est à mon avis la meilleure façon de faire découvrir la création contemporaine au public, de ne pas la lui présenter comme une langue incompréhensible. Au contraire, il faut la jouer simplement, avec passion.
 
Avez-vous l’impression d’une évolution du monde musical ?
 
D. G. : Nous sommes peut-être à la veille de changements. L’institution symphonique peine à se renouveler, et nous devons trouver d’autres façons de faire de la musique ensemble. Aujourd’hui, l’enthousiasme des jeunes musiciens peut être douché par la difficulté à se faire une place au sein d’orchestres institutionnels. Si cet enthousiasme pouvait trouver des espaces pour s’exprimer, cela redonnerait assurément de la joie et de la simplicité à un monde enfermé dans ses habitudes. La jeune génération de musiciens est formée à toutes sortes de répertoires et de pratiques – par exemple le travail avec les compositeurs, qui n’est plus réservé à quelques ensembles spécialisés. Ce décloisonnement, que nous initions ici grâce au soutien de l’Opéra de Dijon, ferait du bien à tout le monde.
 
Propos recueillis par J.-G. Lebrun


 
« Beethoven #2 » :
Mardi 18 octobre 2011 à 20h
 
« Beethoven #6 » :
Vendredi 10 février 2012 à 20h
 
Bach Les Six Sonates pour violon et clavecin BWV 1014 à 1019 :
David Grimal, violon et Brice Pauset, clavecin
Samedi 7 avril à 15h

A propos de l'événement


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