La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -291-Ars Nova

Créer, inventer, garder le lien

Créer, inventer, garder le lien - Critique sortie
Séance d’enregistrement pour le projet « Carpe Diem » © Benoît Sitzia

GROS PLAN / DÉVELOPPEMENT NUMÉRIQUE

Publié le 17 août 2021 - N° 291

Parce que le fil de la création ne saurait être rompu, Ars Nova a développé, dès les débuts de la crise sanitaire, de nouveaux moyens de faire exister la musique. Des perspectives à explorer, y compris en des temps plus sereins.

Alors que les lieux de concert et de répétition avaient fermé leurs portes, il n’a pas fallu longtemps pour que le projet « Mosaïque » devienne une figure imposée par-delà les frontières et les genres musicaux : internet offrait la possibilité retrouvée d’une pratique musicale collective, chacun derrière son écran, caméra et micro activés. Plus que le résultat artistique, c’est d’abord l’illusion — nécessaire, vitale — du partage qui importait alors. Il y a pourtant beaucoup à tenter pour la création dans ce saut vers l’inconnu, vers l’auditeur inconnu, au-delà des murs. Hier avec les ondes (Ars Nova en sait quelque chose, qui est né au cœur de la radio, il y a bientôt soixante ans), aujourd’hui avec internet, les moyens de diffusion permettent paradoxalement de rapprocher ceux qui font la musique, dans sa présence même : le compositeur, l’interprète, le public. Le projet « Mosaïque » lancé par Ars Nova fin 2020 est en cela exemplaire : une vingtaine d’œuvres brèves (environ une minute pour la plupart, un peu plus parfois) ont été commandées à autant de compositeurs et compositrices et destinées à chacun des instrumentistes de l’ensemble, toutes enregistrées avec soin.

Rapprocher ceux qui font la musique

S’imbriquant au fur et à mesure sur la chaîne YouTube d’Ars Nova, portées également par les réseaux sociaux, les pièces de cette mosaïque sont bien plus qu’une juxtaposition de moments musicaux, elles forment un objet à (au moins) trois dimensions : une carte d’identité des musiciens, un panorama très large de la création musicale d’aujourd’hui (française et au-delà) et un lien direct vers un public connaisseur ou non. Un premier bilan peut d’ores et déjà se faire à l’aune de l’intérêt manifesté par les compositeurs, toutes générations et esthétiques confondues : de Betsy Jolas à Donghoon Shin, de Benoît Menut à Zad Moultaka… La mosaïque continue de s’agrandir et certains compositeurs y ont apporté une seconde contribution (tel Alexandros Markéas pour le trombone puis la clarinette). À terme, il faut imaginer un objet audio-web innovant, polymorphe et interactif pour naviguer au cœur de la création. Une autre approche est celle de « Carpe Diem », une série d’échanges, animés par David Christoffel, inlassable créateur radiophonique, autour de musiques interprétées par les musiciens d’Ars Nova. Chaque épisode, diffusé sur la chaîne YouTube des éditions musicales Artchipel, donne à voir la musique en train de se faire et donne à l’auditeur quelques points de repère pour partir à sa découverte. Là encore, la diversité des esthétiques est assumée : le second épisode, enregistré en mars 2021 et consacré au quintette à vents, faisait se côtoyer, entre autres, Debussy et Chick Corea.

 

Jean-Guillaume Lebrun

A propos de l'événement



À retrouver sur les chaînes YouTube « Ars Nova » et « Artchipel TV »


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