Jazz / Musiques - Gros Plan

FESTIVAL DE L’IMAGINAIRE

Tel un songe d’automne, la diva ouzbek Yulduz Turdieva ouvre de sa belle voix le Festival de l’Imaginaire. © Kamrouz

FESTIVAL
PARIS ET BANLIEUE/MUSIQUES DU MONDE

La vingt-deuxième édition de ce rendez-vous à l’écoute du monde débute en septembre. Présentation des premiers concerts d’une programmation qui dure jusqu’en décembre.

C’est en 1997 que ce festival pas vraiment comme tout autre est né, à l’initiative de la Maison des Cultures du Monde. Au fil des éditions les amateurs des us et coutumes qui peuplent la planète ont ainsi pu y découvrir d’autres manières de jouer et pratiquer la musique, des formes les plus traditionnelles aux formations on ne peut plus contemporaines. Cette scène ouverte à l’autre dans toute sa différence a participé à enrichir le patrimoine de tout Parisien soucieux de la diversité. Vingt-et-un an plus tard, ce rendez-vous de l’automne continue de creuser ce fertile sillon, d’autant plus indispensable en ces temps pour le moins troublés : à l’heure où les frontières tendent fâcheusement à se refermer, ouvrir les œillères reste une manière de mieux s’entendre, et qui sait se comprendre. En tout cas, cela demeure un espace propice à faire se rencontrer et grandir les imaginaires des uns et des autres.

Ailleurs commence ici

Cap vers l’Asie centrale, pour le week-end d’ouverture du festival (les 29 et 30 septembre, Théâtre de la Ville – Théâtre des Abbesses) avec la chanteuse Yulduz Turdieva, la nouvelle étoile d’Ouzbékistan qui présente le répertoire qui se joue lors des fêtes et mariages à Boukara, grande cité du sud-est. Le lendemain, place à la nouvelle génération de bardes qui enchantent les steppes d’Iran et du Kazakhstan pour un cérémoniel tout aussi festif, entre mélodies entêtantes et rythmes entraînants. Tout autre ambiance le 11 octobre, au Théâtre du Garde-Chasse (Les Lilas), avec le Portugais Marco Oliveira qui incarne le renouveau du fado, tout en cordes subtiles. En duo avec le guitariste Miguel Amaral, le jeune Lisboète propose une synthèse aboutie de cette douce-amère mélancolie. Le lendemain, dans le cadre propice de la Sainte-Chapelle du château de Vincennes, deux maîtres à jouer afghans (Ustâd Gholam Hossein et Ustâd Gholam Nejrawi, vivant l’un et l’autre en exil en Europe) se retrouvent eux aussi autour de la volonté de transmettre un patrimoine patiemment élaboré, quitte à y apporter quand l’heur le permet leurs propres versions. C’est encore l’ambition de la compagnie malgache Rasoalalao Kavia, héritière d’une tradition qui mêle chants et danse, dont la venue au Musée du Quai Branly (les 10 et 11 novembre) constitue en soi un événement : cette troupe familiale se produit pour la première fois loin de son île. Décidément, pour paraphraser le mot visionnaire de Paul Virilio lors de l’exposition Terre natale : ailleurs commence ici.

Jacques Denis

A propos de l'événement

FESTIVAL DE L’IMAGINAIRE
du Samedi 29 septembre 2018 au Lundi 31 décembre 2018


A Paris et en Ile-de-France. Du 29 septembre jusqu’en décembre 2018. www.festivaldelimaginaire.com


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