La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Gros Plan

Festival d’Avignon : 68ème édition

Festival d’Avignon : 68ème édition - Critique sortie Théâtre Avignon Avignon
Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon. © Carole Bellaïche

Festival d’Avignon / Olivier Py

Olivier Py succède à Vincent Baudriller et Hortense Archambault. Du 4 au 27 juillet 2014, cette 68ème édition prometteuse propose une grande proportion de créations et découvertes, avec des artistes issus des cinq continents. Un Festival pour tous !

Comme une fleur qui sort de la pierre… Comme ces clés avignonnaises héritées de Jean Vilar – les trois clés illustrant les affiches de 1950 à 1980 – ouvrant vers l’ailleurs et vers soi, à travers les questionnements et les esthétiques des artistes, à travers les mondes créés sur les plateaux de théâtre. Chaque été, le Festival célèbre le théâtre et l’ouverture à l’autre. Au-delà de sa programmation, Avignon est un moment privilégié et unique d’échanges et de débats, de convivialité et de partage, où artistes et festivaliers sont unis par un même désir de théâtre, un même désir aussi de repenser le monde. Le Festival rend possible « un autre rapport au monde dans lequel le politique n’est pas séparé de la pensée et de l’espoir », confie Olivier Py, nouveau directeur du Festival. Ce foisonnement, cette ouverture et ce rayonnement sont fondamentalement incompatibles avec des idées d’isolement et de refus de l’altérité, et l’affirmer n’est pas du tout de l’arrogance (quelle illusion d’ailleurs de penser que le repli identitaire puisse apporter une quelconque solution à la crise). Intrinsèquement lié à l’idée de décentralisation et de conquête des publics, le Festival associe évidemment culture et politique. Dans la continuité de l’action menée lorsqu’il était directeur du Théâtre de l’Odéon, Olivier Py souhaite travailler à l’élargissement du public, non pas en termes de chiffres – le Festival a de ce côté quasiment atteint ses limites -, mais en termes de diversité. Il souhaite agir sur la durée, en direction de la périphérie, et pour ce faire, il dispose d’un bel outil légué par Vincent Baudriller et Hortense Archambault, la FabricA, à un kilomètre des remparts. Sont prévues aussi une baisse de certains tarifs, ainsi que des formules d’abonnement. Le théâtre jeune public, facteur de mixité sociale et très mobilisateur, est présent à travers trois spectacles, mis en scène par Olivier Py (La jeune Fille, le Diable et le Moulin), Matthieu Roy (Même les Chevaliers tombent dans l’oubli de Gustave Akakpo), Lazare Herson-Macarel (Falstafe de Valère Novarina).

Focus sur les poètes grecs

En ouverture du Festival, un écho direct au répertoire vilarien, avec Le Prince de Hombourg (Gérard Philipe fut le Prince en 1951). L’italien Giorgio Barberio Corsetti  met en scène le drame de Kleist dans la Cour d’honneur avec des acteurs français et belges dans une traduction de Ruth Orthmann et Eloi Recoing (une belle chose que cette culture européenne et internationale). De même, vingt ans après le mythique Mahabharata de Peter Brook à la Carrière de Boulbon, le japonais Satoshi Miyagi y présente son adaptation de la grandiose épopée. Plus d’une vingtaine d’artistes connus ou émergents viennent à Avignon pour la première fois.  Les artistes sont issus cette année des cinq continents, avec un focus sur les poètes grecs. Dimitris Karantzas met en scène La Ronde du carré de Dimitris Dimitriadis, Olivier Py porte à la scène Vitrioli de Yannis Mavritsakis, tragique reflet d’une situation de crise profonde. Marco Layera revisite l’Histoire du Chili dans L’Imagination de l’avenir, le néo-zélandais Lemi Ponifasio interroge la Première Guerre mondiale dans I AM, l’allemand Antu Romero Nunes s’empare du Don Giovanni de Mozart et Da Ponte, le brésilien Antônio Araujo interroge la crise économique à l’Hôtel des Monnaies, lieu idoine, dans Dire ce qu’on ne pense pas dans des langues qu’on ne parle pas de Bernardo Carvalho. Plusieurs artistes marquants reviennent : Claude Régy met en scène Intérieur de Maurice Maeterlinck, Ivo Van Hove adapte La Source vive de Ayn Rand, Thomas Ostermeier propose Le Mariage de Maria Braun d’après Fassbinder, Josse de Pauw et Kris Defoort présentent un concert théâtral inspiré par Thelonious Monk et Huis sur des textes de Michel de Ghelderode. Côté danse, Thomas Lebrun propose Lied Ballet et Julie Nioche recrée Matter. Opportunément, Christian Schiaretti interroge le théâtre et l’année 1968 dans Mai, Juin, Juillet de Denis Guénoun. En clôture du Festival, Corps de mots par les Têtes Raides avec la participation de Jeanne Moreau : une fête ! Une nouveauté : les ateliers de la pensée sur le site Louis Pasteur de l’université. Et comme chaque été, notre hors série Avignon en Scène(s) paraît fin juin et sera distribué à Avignon pendant toute la durée du Festival. Ce numéro spécial présente tous les spectacles du In et une sélection de spectacles du Off, ainsi que des grands entretiens sur des sujets liés à la culture et à la politique culturelle.

Agnès Santi

A propos de l'événement

Festival d’Avignon : 68ème édition
du Vendredi 4 juillet 2014 au Dimanche 27 juillet 2014
Avignon
Avignon, France

Festival d’Avignon du 4 au 27 juillet 2014. Tél. à partir du 16 juin : 04 90 14 14 14.


x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur le Théâtre

Inscrivez-vous à la newsletter

x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur le Théâtre