La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Agenda

Etrange Cargo

Huit jours de jazz et 25 concerts de jazz pluriel et créatif à Nevers.

Publié le 10 mars 2007 - N° 146

Depuis dix ans déjà, le festival affrète des talents transdisciplinaires pour
des aventures artistiques hors des sentiers normés.

Vers quelles destinations nous emmènera cette année l’Etrange cargo
qu’affrète la Ménagerie de verre ? Certainement près des rivages du théâtre,
quelque part dans le delta fertile où il croise la danse, les arts plastiques et
la musique. Car, depuis dix ans maintenant, ce lieu emblématique de la jeune
création s’aventure sur des territoires dramaturgiques inédits, au-delà des
frontières, là où s’expérimentent de nouvelles conjugaisons entre les arts, là
où tentent encore des utopies esthétiques. « Notre exigence est de faire
entendre et donner à voir des formes qui refusent les strictes limites de leur
genre
, explique Marie-Thérèse Allier, directrice des lieux. Ce projet
s’articule autour de règles simples dans une volonté de présenter le théâtre
autrement pour un public large, pour les habitués curieux de nouvelles
expériences
. ». C’est l’auteur et metteur en scène Pascal Rambert qui a
largué les amarres de cette édition, avec De mes propres mains, reprise
d’un monologue créé en 1993 avec Charles Berling. Son égérie, Kate Moran, se
livre aux mots toujours tranchants de cette introspection âpre, acharnée, où la
mélancolie d’exister saigne comme un sanglot d’après l’amour. La belle
androgyne, si proche et pourtant insaisissable, danse sous la mitraille de
l’écriture serrée et fait résonner dans tout le corps les déflagrations de cette
âme griffée par la vie qui a décidé de sauter par-dessus bord.

Voyage en terres inconnues

Dans son Napoli Express, Benoît Bradel, metteur en scène et cinéaste,
démêle lui aussi les frontières entre le territoire et le paysage imaginaire,
entre hier et aujourd’hui, entre théâtre, images et musique. Amateur éclairé des
expériences inclassables, il s’est inventé une ville à partir de cartes postales
envoyées depuis Naples par un poète sonore. Les deux épistoliers embarquent ici
pour un drôle de voyage, qui suit les traces d’une certaine Anne aux prises d’un
monde urbain traversé de multiples émotions contradictoires et fréquenté autant
par les divinités du passé que les idoles du présent. Après ce parcours sensitif
parmi les couleurs bruissantes d’une Naples déboussolée, Cédric Gourmelon lance
son Ultimatum d’une radicalité rageuse. Fouillant dans l’?uvre d’un des
nombreux hétéronymes de Fernando Pessoa, à savoir Alvaro de Campos, le metteur
en scène a déniché un pamphlet politique virulent qu’il dégoupille avec cinq
acteurs-danseurs. Un de ces écrits explosifs qui éclairent soudain l’espace de
nos chaos intimes.

Gwénola David

Etrange cargo, jusqu’au 7 avril 2007, du mardi au samedi à 20h30,
relâche dimanche et lundi, à la Ménagerie de verre, 12/14 rue Léchevain, 75011
Paris. Tel : 01 43 38 33 44 et et
www.menagerie-de-verre.org. Napoli Express,
de Benoît Bradel, du 6 au 10 mars puis du 3 au 7 avril ; Ultimatum, de
Cédric Gourmelon, du 13 au 17 mars, puis du 27 au 31 mars ; De mes propres
mains / solo
, de Pascal Rambert, du 19 au 24 mars (texte publié aux éditions
Les solitaires intempestifs).

A propos de l'événement



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